Avis – L’Agence de détectives Layton : Katrielle et les enquêtes mystérieuses Tome 1 aux Éditions Nobi Nobi

Avec L’Agence de détectives Layton – Katrielle et les enquêtes mystérieuses, Kahori Orito nous ramène dans l’univers du célèbre professeur, mais en laissant cette fois toute la place à sa fille. Katrielle a ouvert sa propre agence à Londres et résout les affaires qui lui sont confiées avec Oliver, son assistant, et Sherl, un chien doué de parole que seuls ses compagnons semblent comprendre. Ce premier volume enchaîne plusieurs enquêtes indépendantes, depuis la mystérieuse disparition d’une aiguille de Big Ben jusqu’à celle d’un improbable super-héros, avec une constante : ne jamais prendre les choses trop au sérieux.
Katrielle possède d’ailleurs rapidement sa propre identité. Beaucoup plus exubérante que son père, elle semble parfois davantage préoccupée par son prochain gâteau que par l’affaire qui se trouve devant elle. Pourtant, derrière cette apparente décontraction se cache un véritable sens de l’observation. Les indices viennent progressivement former des pièces de puzzle dans son esprit jusqu’au fameux déclic permettant de résoudre le mystère. Le lecteur se retrouve naturellement à jouer au même jeu, cherchant à relier les éléments et parfois même à devancer la jeune détective. Certaines solutions sont assez faciles à anticiper, mais cela ne retire pas forcément le plaisir de découvrir comment tous les éléments vont finir par s’emboîter.
L’autre grande force de ce premier tome est son humour totalement assumé. Jeux de mots dans les noms des personnages, situations improbables, obsession permanente de Katrielle pour la nourriture et dialogues volontairement absurdes donnent au manga une vraie légèreté. On retrouve même régulièrement des ruptures du quatrième mur où les personnages commentent directement la construction du manga, une page ou un changement graphique. C’est parfois très potache, mais lorsqu’on adhère à cet humour, cela fonctionne particulièrement bien et participe pleinement à l’identité de cette adaptation.
Graphiquement, le manga reste relativement simple. Il ne cherche jamais la démonstration technique ni l’accumulation de détails, mais ce choix fonctionne avec l’univers proposé. Les personnages sont expressifs, les situations restent immédiatement lisibles et la représentation des raisonnements de Katrielle à travers les pièces de puzzle permet de visualiser efficacement sa progression. Certaines affaires offrent également un peu plus qu’un simple mystère à résoudre, avec des histoires autour de la famille, des souvenirs, de l’attachement ou de personnages ayant parfois de bonnes intentions malgré des méthodes discutables.
Ce premier tome de L’Agence de détectives Layton – Katrielle et les enquêtes mystérieuses réussit donc à reprendre plusieurs codes de la licence sans faire de son héroïne une simple copie du professeur Layton. Les enquêtes restent accessibles et souvent volontairement extravagantes, mais le véritable plaisir vient de leur mise en scène, de l’humour et surtout de cette Katrielle capable de passer d’une pâtisserie à une déduction brillante en quelques pages. Une première moitié de diptyque légère et franchement agréable, qui donne maintenant envie de découvrir si le second et dernier volume saura faire évoluer la formule tout en conservant cette personnalité si particulière.