Test – UNBEATABLE : il fallait juste trouver le rythme

UNBEATABLE est un jeu assez difficile à cerner durant ses premières minutes. D-CELL GAMES prend son temps pour installer Beat, son univers où la musique est interdite et une galerie de personnages très bavards, au point que l’on pourrait presque se demander où est passé le jeu de rythme annoncé. Cette introduction volontairement posée ne sera pas au goût de tout le monde, d’autant que l’absence de traduction française complique franchement les choses lorsque l’on veut suivre correctement les nombreux dialogues.

Visuellement, en revanche, UNBEATABLE affirme immédiatement sa personnalité. Ses personnages dessinés en 2D évoluent dans des décors donnant une étonnante sensation de profondeur, tandis que la caméra et les transitions donnent parfois l’impression de regarder un anime devenu interactif. Tout n’est pas parfait : certains décors paraissent étonnamment plats, quelques animations manquent de naturel et les limites de déplacement sont parfois difficiles à comprendre. Mais l’identité graphique reste suffisamment forte pour que l’on pardonne assez facilement ces coutures visibles.

C’est surtout lorsque les premières véritables séquences rythmiques arrivent que le jeu change complètement de visage. Les commandes reposent sur très peu de boutons, avec attaques et esquives suivant la provenance des éléments à l’écran, mais cette simplicité devient rapidement trompeuse. UNBEATABLE déplace les repères, modifie la présentation, accélère les enchaînements et détourne même ponctuellement ses mécaniques avec des séquences rappelant Pong ou Breakout. Certaines erreurs restent malheureusement difficiles à comprendre et la difficulté peut provoquer de vrais moments de frustration. Mais lorsque tout s’aligne, manette, animation et musique fonctionnent ensemble avec une efficacité redoutable.

La bande-son est justement la grande réussite du jeu. Ici, la musique ne sert pas simplement à accompagner l’action : elle est l’action. Elle donne son rythme aux combats, soutient la mise en scène et donne envie de recommencer une séquence immédiatement après l’avoir ratée. C’est aussi ce qui permet à UNBEATABLE de dépasser son histoire principale grâce à son mode Arcade. Depuis juillet 2026, le Jamie Paige Content Companion vient encore enrichir cette partie avec de nouveaux morceaux, personnages, stages et défis. Un suivi particulièrement logique pour un jeu dont la longévité repose largement sur l’envie de rejouer ses chansons.

UNBEATABLE m’a donc fait passer par deux sentiments presque opposés. Au départ, je ne savais pas vraiment quoi en penser ni où il voulait m’emmener. Puis le jeu de rythme a fini par apparaître et le déclic a été immédiat. Il reste imparfait, parfois frustrant et beaucoup trop inaccessible aux non-anglophones pour une aventure aussi narrative, mais il possède surtout une vraie personnalité. Et quand sa musique démarre et que son système de jeu commence à se déchaîner, il devient très difficile de ne pas suivre le mouvement.
Le Conseil Geeko: Ne jugez surtout pas UNBEATABLE sur son démarrage. Il demande du temps avant de révéler son véritable potentiel. Si vous aimez les jeux de rythme, les univers proches de l’animation japonaise et les expériences qui préfèrent avoir une forte identité plutôt que chercher à plaire à tout le monde, laissez-lui cette chance. En revanche, l’absence de français est à prendre sérieusement en compte si vous souhaitez profiter pleinement de son histoire.
J’ai aimé
- La direction artistique
- Une excellente bande-son
- Le gameplay rythmique inventif
- Une mise en scène pleine d’idées
- La richesse du mode Arcade
J’ai moins aimé
- Le démarrage très lent
- L’absence de français
- Certains timings frustrants
- Quelques animations rigides
- Des limites d’exploration étranges
Ma note: 17/20
Version testée : PC – Steam,
DLC Jamie Paige Content Companion disponible depuis le 27 juil. 2026