Avis – Le Bourge et la Cagole T.7

Salut ! C’est le grand moment : la série phare de Natsumi Aida, éditée par Akata en France, tire sa révérence avec ce septième et dernier volume. Connue pour son sens aigu de la comédie et son énergie débordante (on se rappelle tous de Switch Girl !!), l’autrice nous offre ici un final qui bouscule une dernière fois ses personnages tout en restant fidèle à l’esprit ultra dynamique de la saga. L’histoire globale, qui repose sur le choc culturel et la romance improbable entre Manatsu, une authentique « gyaru » (ou cagole à la française) au grand cœur, et Shûtarô, un héritier de la haute société coincé dans ses conventions, trouve ici un dénouement parfait.
Dans cet ultime tome, l’intrigue passe à la vitesse supérieure. Suite aux frasques et au scandale médiatique entourant Yuriko, l’entreprise familiale de Shûtarô tremble sur ses bases. Les actionnaires perdent confiance, le conseil d’administration s’en mêle, et le couperet tombe : Shûtarô est purement et simplement démis de ses fonctions ! C’est un séisme pour lui, mais c’est surtout le déclencheur idéal pour que notre duo phare puisse enfin s’affranchir du poids des traditions et repenser totalement son avenir selon ses propres règles.
Ce dernier opus réussit brillamment à équilibrer l’humour grinçant et l’émotion pure. Voir Shûtarô perdre son statut social permet de balayer les derniers masques de la lutte des classes qui pesaient sur leur couple. Manatsu reste le pilier solaire de l’histoire, prouvant une fois de plus que l’authenticité et la liberté d’esprit valent bien plus que les conventions guindées de la bourgeoisie. La conclusion est rythmée, drôle, et laisse un sentiment de satisfaction totale.
Si on prend du recul sur l’intégralité de la saga, Le Bourge et la Cagole s’impose comme une excellente comédie sociale en sept tomes. C’est un format court et percutant qui évite les longueurs inutiles souvent propres aux romances. Natsumi Aida a su utiliser les codes du Josei et du Shôjo pour livrer une critique acerbe mais toujours bienveillante des barrières sociales japonaises, le tout porté par un dessin expressif et une héroïne mémorable qui refuse de s’excuser d’être elle-même.