Le Tour du monde en 80 jours augmenté : Jules Verne entre littérature, doublage et expérience transmédia

Le Tour du monde en 80 jours augmenté : Jules Verne entre littérature, doublage et expérience transmédia

Et si un classique de la littérature pouvait encore nous surprendre plus de 150 ans après sa publication ? C’est le pari lancé par Marc Frachet avec Le Tour du monde en 80 jours augmenté, présenté mercredi 23 septembre au Grand Hôtel des Rêves à Paris, un lieu qui accueille justement actuellement un spectacle immersif consacré à Jules Verne. Un cadre presque idéal pour découvrir cette nouvelle manière d’aborder l’œuvre, puisque le projet ne se contente pas de rééditer le texte original. Il cherche à prolonger le voyage de Phileas Fogg grâce à une véritable expérience transmédia mêlant littérature, musique, illustration, audio, vidéo et contenus numériques.

Le principe repose sur ce que Marc Frachet appelle la lecture augmentée. Le texte intégral de Jules Verne reste au centre de l’ouvrage, mais des QR codes disséminés au fil des pages permettent d’accéder à 32 médias additionnels. Musiques originales, illustrations animées, scènes audio inédites, points d’étape vidéo ou encore contenu en réalité virtuelle viennent accompagner certains passages sans jamais empêcher une lecture plus traditionnelle. La philosophie est finalement assez proche de ce que l’on retrouve dans certains jeux ou expériences interactives : le contenu principal fonctionne seul, mais ceux qui souhaitent aller plus loin peuvent explorer un univers beaucoup plus vaste.

La véritable surprise vient toutefois de l’aspect narratif. Marc Frachet profite des zones d’ombre laissées par Jules Verne autour de Phileas Fogg pour imaginer une histoire parallèle reliée à son univers InCarnatis. Pourquoi cet homme est-il aussi froid et méthodique ? D’où vient son passé ? Pourquoi semble-t-il avoir construit toute sa vie autour du contrôle ? Lors de la présentation, une scène inédite venait ainsi prolonger le célèbre pari du Reform Club en entraînant Fogg vers Lord Akalong, un personnage lié à son passé et à une dimension beaucoup plus mystérieuse de son existence. Une manière audacieuse d’enrichir le personnage sans toucher directement aux événements imaginés par Jules Verne.

La dimension sonore donne également au projet une véritable identité. Plusieurs compositeurs ont participé à la création musicale tandis qu’un casting de comédiens et de voix françaises connues accompagne les scènes audio. Maïk Darah assure notamment la narration et était présente lors de cette soirée parisienne. Après avoir enregistré ses textes, elle expliquait que la présentation lui avait permis de réellement comprendre toute l’ampleur du mot « augmenté ». Elle évoquait une œuvre « intense et originale », quelque chose de nouveau qu’elle-même avait envie de découvrir désormais comme lectrice. Le résultat rapproche parfois le livre du cinéma, du jeu vidéo ou du spectacle sonore, sans jamais oublier que tout part d’abord des mots.

Cette présentation donne surtout envie de découvrir comment tous ces éléments fonctionnent lorsqu’ils sont replacés dans une lecture complète. Sur le papier, Le Tour du monde en 80 jours augmenté possède tout ce que Geek-o-polis aime explorer : un classique de la culture populaire, une approche transmédia, du doublage, de la musique, de l’illustration et une volonté de brouiller les frontières entre différents médias. Reste désormais à parcourir l’ouvrage de bout en bout pour savoir si cette augmentation trouve toujours le bon équilibre avec Jules Verne. Mais une chose est déjà certaine : plus d’un siècle après sa création, Phileas Fogg n’a visiblement pas terminé son voyage.

 

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