Test – Enshrouded : Le roi du survie-RPG pose sa couronne sur PlayStation 5 !

Test – Enshrouded : Le roi du survie-RPG pose sa couronne sur PlayStation 5 !

Développé et édité par les Allemands de chez Keen Games GmbH, Enshrouded nous plonge dans les terres dévastées d’Embervale, un royaume fantastique rongé par une brume toxique d’où émergent des créatures cauchemardesques. Dans la peau de l’Enfant de la Flamme, dernier espoir d’un monde agonisant, il va falloir repartir de zéro pour repousser ce fléau et rebâtir une civilisation digne de ce nom.

Dès les premières minutes, le titre impose une ambiance captivante où l’exploration organique prend immédiatement le pas sur les tutoriels assommants. On taille notre route à travers des ruines majestueuses, on scrute l’horizon depuis les falaises et on plonge avec une pointe d’angoisse dans ce fameux voile ténébreux où chaque seconde est précieuse. La boucle de gameplay est redoutablement bien huilée : chaque sortie rapporte des ressources précieuses pour débloquer de nouveaux établis, secourir des artisans et développer un camp de base qui prend rapidement des allures de forteresse.

Le système de construction est sans conteste l’un des plus impressionnants jamais vus dans le genre du survie voxel. On ne se contente pas de poser des cubes prédéfinis : le moteur permet de sculpter la pierre, d’abattre des pans de falaises, de creuser des galeries souterraines ou d’ériger des manoirs entiers avec un niveau de finition hallucinant. Les matériaux s’agencent de manière fluide et intuitive, donnant un rendu organique et chaleureux qui flatte la rétine à chaque nouvelle pièce ajoutée.

Côté progression et combats, le titre tire son épingle du jeu avec un arbre de talents touffu et très libre. Guerrier en armure lourde armé d’une masse à deux mains, archer furtif traquant ses cibles à distance ou mage déchaînant des sorts élémentaires dévastateurs, chacun y trouve son compte sans être coincé dans un rôle fixe. Les affrontements demandent du timing, des esquives et une bonne gestion de l’endurance, sans pour autant virer au calvaire punitif, ce qui rend l’aventure gratifiante sans être décourageante.

L’exploration gagne également en dynamisme grâce au grappin et au planeur, deux outils indispensables qui transforment radicalement notre manière d’arpenter la carte. Sauter du haut d’un pic rocheux pour planer au-dessus de la brume et atterrir pile devant un donjon secret procure un vrai frisson d’aventure. La verticalité du monde est exploitée avec brio, incitant sans arrêt à voir ce qui se cache de l’autre côté de la montagne.

Les donjons et les puits de brume apportent cette dose de tension bienvenue avec leur compte à rebours inexorable. Quand on s’enfonce dans le brouillard pour abattre une racine corrompue ou affronter un boss colossal, on surveille constamment sa jauge de survie tout en cherchant les sabliers pour regagner du temps. Cette mécanique force à préparer minutieusement ses potions, ses rations et son équipement avant chaque expédition majeure.

La coopération sublime l’ensemble, transformant les séances de récolte et les raids de boss en véritables épopées entre potes. Se partager les tâches entre ceux qui aménagent le village, ceux qui partent chasser des composants rares et ceux qui craftent les armures de tout le groupe crée une cohésion immédiate. Le jeu sait récompenser l’esprit d’équipe tout en restant parfaitement jouable et équilibré en solitaire.

Venons-en au passage sur salon : la version PlayStation 5 propose un rendu visuel franchement séduisant qui n’a pas à rougir face à une bonne machine PC. Sur grand écran 4K, les effets d’éclairage volumétrique à travers la brume, les couchers de soleil sur les collines d’Embervale et la finesse des textures de pierre et de bois offrent un spectacle visuel saisissant. Le moteur maison tourne proprement, même si quelques concessions mineures sur la distance d’affichage de la végétation lointaine se remarquent pour qui a l’œil affûté par rapport à une bécane de course.

Manette en mains, la DualSense apporte un confort de jeu direct et très naturel qui change agréablement de l’éternel combo clavier-souris. La navigation dans les anneaux de sélection rapide et la gestion des combats se font sans le moindre accroc, les vibrations bien dosées renforçant chaque impact de hache ou de coup d’épée. Sur PC, la précision de la souris reste imbattable pour poser des éléments de micro-décoration au millimètre près, mais Keen Games a remarquablement bien adapté l’ergonomie de construction aux sticks analogiques sur PS5.

Enfin, sur le plan multijoueur et performance globale, le serveur hébergé sur console assure une fluidité très solide en session d’équipe, même quand la base commence à accumuler des centaines d’objets et de torches allumées. On ne dispose certes pas des options de réglages ultra-poussées ni de l’infrastructure à 16 joueurs simultanés de l’environnement PC, mais la simplicité de rejoindre une partie en deux clics depuis son canapé sur le PlayStation Network offre une convivialité immédiate incomparable.

La bande-son et le design sonore méritent également de francs applaudissements. Les mélodies éthérées soulignent parfaitement le sentiment de solitude au cœur d’un royaume oublié, avant de monter en intensité lors des batailles d’arènes ou des assauts de créatures mutantes. Le cliquetis des pioches dans la roche et le souffle du vent lorsqu’on déploie notre planeur complètent une ambiance acoustique particulièrement soignée.

Le sentiment de liberté absolue qui se dégage du jeu force le respect. Aucun mur invisible ne vient bloquer notre soif de découverte : si une tour semble inaccessible, on peut creuser des marches dans la roche ou grimper par les toits pour atteindre le sommet. Ce côté bac à sable total couplé à une véritable structure de quêtes et de lore narratif donne un souffle d’épopée rare aux sessions de jeu.

On se prend rapidement au piège du « encore un petit quart d’heure » qui finit par durer plusieurs heures d’affilée. On partait simplement chercher un filon de cuivre, et on se retrouve à explorer trois cryptes oubliées, libérer une alchimiste prisonnière et réaménager entièrement l’atelier de forge en pleine nuit. Le titre regorge de secrets, d’équipements légendaires et de quêtes secondaires qui maintiennent la curiosité en éveil permanent.

Enshrouded réussit le tour de force de réconcilier les mordus de construction minutieuse et les amateurs de RPG d’action dans un écrin graphique enchanteur. Sa générosité débordante, son monde entièrement malléable et son atmosphère captivante en font une véritable référence du genre, aussi bien pour les bâtisseurs acharnés que pour les explorateurs insatiables. Si tu aimes bâtir ton propre empire tout en bravant des donjons épiques, c’est un achat les yeux fermés.

Ce qu’on aime :

  • Le système de construction voxel d’une liberté et d’une précision jubilatoires

  • Le monde d’Embervale, vaste, mystérieux et entièrement explorable sans barrières artificielles

  • La sensation grisante de déplacement au planeur et au grappin

  • Une excellente boucle de gameplay mêlant survie, exploration et progression RPG

  • La prise en main très réussie à la manette sur PlayStation 5

  • Une ambiance sonore et visuelle immersive qui flatte la rétine

Ce qu’on aime moins :

  • La sélection des petits objets de déco un poil plus lente au pad qu’à la souris

  • Quelques chutes de framerate très ponctuelles quand la base devient gigantesque

  • L’absence de cross-play entre PC et consoles au lancement

Note : 9/10

Le conseil Geeko : Ne sous-estime jamais la fabrication de balises supplémentaires et de points de téléportation rapides près des zones en hauteur. En plaçant un sanctuaire de la Flamme au sommet des plus hautes tours ou montagnes, tu pourras utiliser ton planeur pour traverser d’immenses étendues de la carte en quelques secondes et contourner facilement les zones de brume les plus étouffantes sans griller ton chrono !

 

 

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