Test – Qliphah in Providence’s Shadow : le coup de génie temporel d’Arc System Works (Playstation 5)

Développé par le tandem Arc System Works et UnitePlus, puis édité par Arc System Works, ce titre nous plonge dans un Tokyo post-apocalyptique complètement défiguré par le World Collapse. On y suit l’enquêtrice Rena et le jeune Souma, transformé à demi en monstre, qui tentent d’élucider une crise mystique liée à une drogue dévastatrice au cœur d’une réalité en miettes.

En prenant la manette sur PlayStation 5, j’ai tout de suite été intrigué par cette formule hybride. L’ambiance visuelle en cel-shading tape immédiatement dans l’œil avec une direction artistique très urbaine et sombre, rappelant le savoir-faire visuel du studio.
La structure narrative prend des airs marqués de visual novel policier. Entre chaque virée en ville, on épluche des rapports, on fouille des réseaux sociaux fictifs et on tente de faire la lumière sur les événements tout en gérant un temps limité par chapitre.
Le cœur du jeu réside clairement dans ses affrontements, articulés autour d’une chronologie inversée et dynamique. Dès l’entame des rixes, une jauge de temps défile sous nos yeux, affichant avec précision les futures offensives ennemies et leur nature exacte. Ce système de lecture anticipée transforme chaque combat en un véritable casse-tête rythmique où il faut caler nos actions au millimètre près.

C’est là que réside toute la saveur tactique de la boucle de gameplay : l’interception et le contre. Plutôt que de simplement encaisser ou d’attaquer à l’aveugle, on superpose nos compétences directement sur la ligne temporelle pour contrer les assauts adverses ou glisser des buffs dans la moindre brèche. Voir une attaque lourde d’une Abberration être totalement brisée par un contre bien minuté procure une satisfaction immédiate.
Pour parfaire cette mécanique, les développeurs ont intégré une gestion libre de la vitesse temporelle. On peut ralentir le défilement ou mettre la pause active pour analyser posément le déroulement des événements, surveiller les temps de recharge et enchaîner les synergies dévastatrices. Dès qu’on maîtrise les timings, le jeu gagne en nervosité et rivalise presque avec le dynamisme d’un pur jeu d’action.
L’aspect enquête apporte aussi sa pierre à l’édifice des combats, car bon nombre de compétences s’obtiennent en fouinant dans les dossiers de police ou en décryptant des codes trouvés en ligne. Cette interaction entre la partie investigation et l’arsenal offensif renforce l’immersion globale.
Sur PlayStation 5, l’expérience se montre solide et agréable, portée par des temps de chargement minimes et une fluidité qui rend honneur aux effets visuels percutants des compétences. Les retours de vibration de la DualSense accompagnent bien les impacts des contres réussis.

La bande-son mérite également d’être soulignée. Fidèle à l’ADN d’Arc System Works, les morceaux chantés et les thèmes rythmés donnent un sacré coup de fouet à chaque rencontre majeure, maintenant une tension constante.
Le doublage intégral japonais apporte une vraie épaisseur dramatique au duo principal. La dynamique entre le flic pragmatique et le garçon contaminé fonctionne à merveille et donne envie d’aller au bout des mystères.
On regrettera toutefois une structure d’exploration assez austère sur la carte de Tokyo. Les déplacements se font de point en point sans véritables donjons à parcourir librement, ce qui pourra décevoir les amateurs d’exploration pure.
La lisibilité demande aussi un temps d’adaptation certain au début. Entre la jauge temporelle, les icônes de recharge et les animations flashy à l’écran, le surplus d’informations peut vite déstabiliser avant qu’on ne prenne les bons réflexes.
Le petit conseil Geeko : n’hésite jamais à abuser du bouton de pause tactique lors de tes premières heures de jeu. Prendre le temps de décomposer la timeline adverse permet d’économiser ses compétences clés et d’éviter de se retrouver totalement sans défense face aux attaques de zone les plus violentes.
Cette production propose une relecture rafraîchissante du RPG tactique grâce à un système de contre temporel redoutablement malin et addictif. Malgré une facette exploration en retrait et une courbe d’apprentissage un peu abrupte, l’alchimie entre ambiance cyberpunk occulte et combats millimétrés fait mouche. C’est une belle surprise qui prouve qu’Arc System Works a d’excellentes idées à revendre hors des rings de combat.
Points positifs :
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Système de contre et de timeline temporelle très réussi
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Direction artistique soignée et bande-son entraînante
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Duo de protagonistes attachant et bien doublé
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Bonne intégration des indices d’enquête dans l’arbre de compétences
Points négatifs :
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Pas de vraie exploration libre sur la carte
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Lisibilité un peu chargée lors des affrontements massifs
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Rythme inégal entre les longues phases de lecture et l’action
Note : 7/10
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