Le studio indépendant Breaker Games frappe à nouveau avec sa toute dernière création, Apokerlypse, qu’il choisit d’éditer lui-même. Oublie immédiatement l’action frénétique et défoulante de leur précédent succès Apocalypse Party, car l’équipe prend ici un virage à 180 degrés particulièrement audacieux. On plonge pourtant dans le même univers visuel complètement déjanté, mais sous l’angle d’un roguelike stratégique et d’un deckbuilding intense axé sur les mécaniques du poker. L’histoire prend place dans une taverne de l’au-delà où tu incarnes un parieur prêt à tout pour plumer les démons et réécrire le destin de l’humanité, une donne après l’autre.
Dès le lancement de ta première run, le jeu t’impose de choisir un héros parmi cinq personnages uniques aux profils bien distincts, comme le Voleur ou la mystérieuse Prêtresse Araignée. Chaque protagoniste possède son propre style de jeu, des compétences de départ spécifiques et une réserve de jetons initiale qui vont radicalement influencer ta manière d’aborder les affrontements. On se retrouve très vite face à un arsenal gigantesque et vertigineux composé de plus de 70 compétences actives, 13 enchantements de cartes surpuissants et surtout 400 « Demon Chips ». Ces jetons maléfiques servent de modificateurs pour concevoir des builds totalement improbables et repousser les limites des règles traditionnelles.
La gestion de ton deck se révèle être le véritable cœur névralgique de l’expérience, demandant une attention de tous les instants pour espérer survivre aux étages supérieurs. Le titre intègre un système complet et très flexible qui te permet d’acheter de nouvelles cartes, d’épurer ta main en supprimant les éléments inutiles, ou d’affiner tes statistiques chez les marchands ambulants du purgatoire. Tout l’intérêt réside dans la recherche constante de synergies dévastatrices capables de déclencher des réactions en chaîne automatiques. Si tu aimes planifier tes coups à l’avance et voir tes choix mathématiques se transformer en vagues de dégâts numériques, tu vas rapidement y trouver ton compte.
Au-delà de son mode solo particulièrement addictif, le titre se démarque intelligemment de la concurrence en intégrant des fonctionnalités multijoueurs très originales pour le genre. Tu peux ainsi décider d’affronter de manière asynchrone les decks créés par d’autres joueurs à travers le monde afin de tester la viabilité de tes propres théories. Pour les amateurs de confrontation directe, le jeu propose également des matchs PvP en ligne en temps réel regroupant 2 à 3 participants autour de la table. L’apparition soudaine des « Wildcards » et des cartes du Destin au milieu de la partie apporte une dose d’imprévisibilité bienvenue, forçant tout le monde à adapter sa stratégie dans l’urgence.
Ne cherche surtout pas à jouer la sécurité ou à respecter sagement les combinaisons classiques du poker si tu veux t’en sortir vivant. Dans cet enfer numérique, la clé du succès réside dans la triche assumée, l’exagération et la prise de risque maximale à chaque distribution de cartes. Utilise tes jetons démoniaques pour briser délibérément les règles établies et cherche en priorité à accumuler les compétences passives capables de générer des boucles infinies de pioche ou de destruction. C’est uniquement en poussant le système dans ses derniers retranchements et en créant des combos absurdes que tu parviendras à terrasser les boss les plus redoutables de la taverne.
Ce que j’ai aimé :
-
Le concept hybride qui mélange avec brio l’esprit du poker, du shedding game et le deckbuilding addictif à la manière d’un Balatro.
-
La profondeur immense des builds grâce aux 400 Demon Chips et aux héros qui possèdent tous un gameplay radicalement unique.
-
La présence d’un mode multijoueur compétitif et asynchrone, un ajout extrêmement rare et rafraîchissant pour un roguelike de cartes.
-
Son accessibilité immédiate : nul besoin d’être un joueur de poker professionnel ou un as du calcul mental pour s’amuser.
Ce que j’ai moins aimé :
-
Des gros problèmes de localisation avec de nombreuses portions de texte non traduites, restant affichées en anglais ou en chinois.
-
Des soucis d’optimisation surprenants pour un jeu en low-poly, provoquant des chutes de framerate inexplicables sur PC.
-
Les fins de runs manquent un peu de saveur et d’une véritable gratification narrative pour récompenser les efforts du joueur.
Note globale : 15/20
Si tu hésites encore à miser tes économies sur le titre complet proposé au prix très doux de 9,99€, sache qu’une version prologue gratuite intitulée Hell is Empty, Demons Are Playing Apokerlypse est accessible pour tester l’ambiance. C’est l’occasion idéale de voir si tu as assez de cran pour défier les forces du mal sur leur propre terrain de jeu.

No responses yet