Parfois, plonger dans l’histoire de jeux obscurs ou un peu bizarres, c’est presque aussi fun que d’y jouer, surtout quand leur passé est aussi étrange qu’eux ! Rage of the Dragons en est un parfait exemple : ce jeu de baston sur Neo Geo m’intrigue depuis que je suis tombé dessus par hasard quand j’étais gamin.

Rage of the Dragons NEO est une réédition moderne de cette pépite méconnue du début des années 2000. Il devient enfin jouable sur les machines actuelles et embarque quelques features bienvenues, comme le rollback netcode pour le jeu en ligne. Il y a des éléments qui l’empêchent d’être un gros hit, mais ça reste un jeu de baston unique et intéressant, parfait pour quelques bonnes sessions entre potes.

Rage of the Dragons donne même l’étrange impression d’être une vraie suite. Dès que vous lancez le mode arcade, vous êtes accueilli par un écran d’intro complètement over-the-top qui balance un énorme « ILS REVIENNENT » en majuscules, comme si on assistait au grand retour d’un casting de stars… alors qu’en réalité, c’est juste une nouvelle licence créée pour des raisons légales.

Le jeu reste assez léger sur l’histoire, ce qui n’est pas très surprenant, mais si vous connaissez le contexte, il y a plein de petits détails amusants qui permettent de faire le lien avec Double Dragon.

Ici, choisir deux persos, ce n’est pas juste pour les assists comme dans d’autres jeux du genre. Pas de coups de soutien instantanés : à la place, il faut faire entrer son partenaire au bon moment, avec une jauge de tag qui met un certain temps à se recharger. Il y a même une mécanique où vous pouvez « sacrifier » un perso en plein combat : il abandonne, mais booste les capacités de son coéquipier.

Autre petite idée sympa : le système de double attaque. En échange d’un stock de jauge, vous pouvez switcher en plein combo avec un tag offensif. Si vous cramez une deuxième jauge, les deux persos lancent un super coup combiné, encore plus spectaculaire. Et si vous jouez une paire officielle, ce super tag devient encore plus stylé.

Le jeu met aussi un gros focus sur les combos. Ça peut sembler basique pour un jeu de baston, mais Rage of the Dragons facilite leur exécution avec des mécaniques dédiées. Chaque perso a un combo de commandes qui enchaîne automatiquement plusieurs coups et met l’adversaire en état de jongle si vous tapez dans le bon rythme. Les arènes ont même des barrières destructibles qui font rebondir l’ennemi et ouvrent la porte à des enchaînements sales, même sans trop de maîtrise avancée.

Le revers de la médaille, c’est que le jeu impose pas mal de knockdowns durs pour éviter les abus et garder un certain équilibre. Enfin… en théorie. Parce qu’en pratique, Rage of the Dragons est bourré de failles, avec plusieurs persos capables d’exploits pétés qui cassent totalement l’allure du jeu. Dommage, mais ça fait partie du charme des jeux de baston un peu chaotiques.

C’est là qu’on doit se pencher sur la nouvelle version. Rage of the Dragons NEO est sympa parce qu’il ramène un jeu qui serait probablement resté dans l’ombre, juste émulé à gauche à droite. Le studio QUByte Interactive a fait pareil l’année dernière avec Breakers Collection, sortant un autre jeu de baston culte de sa niche. C’est vraiment cool pour conserver des jeux un peu oubliés, en plus des incontournables.

Le hic, c’est que ce n’est pas un remaster ou autre, c’est juste un portage de la version arcade d’origine avec quelques bugs corrigés, dont un perso de boss jouable qui rendait carrément le jeu injouable. Cela dit, il y a quand même quelques ajouts bien pensés, comme un filtre CRT, ce qui est toujours un plus pour un jeu qui ne se contente pas de viser le « pixel parfait ». Vous pouvez aussi épingler la liste des mouvements de votre perso à l’écran, ce qui est super pratique pour apprendre sans avoir à faire une pause à chaque fois pour mémoriser un combo.

Concernant les exploits, ceux que j’ai mentionnés plus tôt sont toujours là, pour le meilleur ou pour le pire. Ça ne posera pas trop de soucis pour les débutants, sauf si vous croisez un mec en ligne qui connaît toutes les failles et n’hésite pas à les exploiter. C’est ça, le charme des portages avec leurs défauts, mais c’est important pour la préservation. Un truc que les nouveaux joueurs vont galérer à affronter, c’est la difficulté. Étant un jeu Neo Geo de son époque, Rage of the Dragons a une IA CPU impitoyable qui capte vos entrées et réagit avec une précision de malade. Passer à travers le mode arcade de temps en temps ? C’est carrément mission impossible. Vous pouvez me voir galérer, et je vous jure, je suis loin d’être une brêle en jeu de baston, même si je ne suis pas un compétiteur EVO !

Alors, où en sommes-nous avec ce jeu ? Rage of the Dragons NEO est clairement une niche dans une niche, un jeu bizarre avec une histoire encore plus bizarre qui s’adresse à un public super spécifique. C’est déjà compliqué pour n’importe quel jeu, mais encore plus pour un jeu de baston qui doit se mesurer à des mastodontes comme Street Fighter et Guilty Gear. En plus, le fait qu’il ne soit pas multiplateforme complique encore les choses, et ça se ressent bien sur la fréquentation des parties en ligne, qui ressemble à une ville fantôme. C’est dommage.

Mais si vous êtes passionné par l’histoire des jeux, les jeux de baston et leurs croisements un peu tordus, Rage of the Dragons NEO reste vraiment cool. Je peux totalement l’imaginer entre deux gros titres lors de tournois locaux, ou comme un petit jeu fun pour les fans qui veulent combler leur curiosité. Et avec la propriété intellectuelle Bleem! qui y est liée d’une manière ou d’une autre, cette nouvelle version pourrait bien devenir une vraie relique inédite.

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