PGW 2026 : quand le sport connecté fait tomber les frontières entre gaming et activité physique

Et si les technologies associées au jeu vidéo pouvaient contribuer à rendre le sport plus accessible ? À la Paris Games Week 2026, nous avons découvert les vélos connectés présentés par la Ligue Île-de-France de triathlon. Une expérience mêlant immersion numérique, effort physique et innovation, que nous avons approfondie avec son directeur, Yannick Petit.
Un étonnant mélange entre sport et univers vidéoludique
Au milieu des stands de la Paris Games Week 2026, entre démonstrations de jeux vidéo et animations consacrées à l’esport, une installation invitait les visiteurs à vivre une expérience quelque peu différente. Sur l’espace de la Région Île-de-France, plusieurs vélos connectés étaient mis à disposition du public.
Leur particularité ? Associer une activité sportive bien réelle à un environnement numérique reproduisant des parcours cyclistes. Une expérience qui ne proposait ni monde fantastique ni course arcade, mais quelque chose de plus concret : parcourir virtuellement des routes existantes, sans quitter son vélo d’intérieur. Pour comprendre les possibilités de cette technologie et les raisons de sa présence à la PGW, nous avons échangé avec Yannick Petit, directeur de la Ligue Île-de-France de triathlon.
Kinomap : parcourir le monde sans quitter son salon
À l’origine de cette expérience se trouve une collaboration engagée il y a plus de dix ans entre la Ligue Île-de-France de triathlon et Kinomap, une entreprise spécialisée dans les entraînements sportifs connectés. Le système repose sur l’association d’un appareil sportif compatible, d’une application et de parcours enregistrés à partir de vidéos et de données GPS.
Contrairement à un simple vélo d’appartement, les équipements compatibles peuvent adapter automatiquement leur résistance en fonction du relief. Une montée se présente à l’écran ? L’effort devient plus important. Une portion plus facile apparaît ? La résistance s’adapte. L’utilisateur retrouve ainsi des sensations inspirées du cyclisme sur route, sans les contraintes de circulation ou de météo.
Cette technologie ouvre la possibilité de découvrir des itinéraires variés, notamment certains cols emblématiques du Tour de France, comme le Mont Ventoux ou le Tourmalet. L’application propose également des programmes d’entraînement permettant de travailler différents paramètres, notamment la puissance et la cadence de pédalage. Une combinaison de technologie, de simulation et d’activité physique qui pourrait presque faire penser à un jeu de course, à une différence essentielle près : l’effort demandé est bien réel.

Une expérience que nous avons pu découvrir à la Paris Games Week
Sur le stand, l’installation permettait de comprendre rapidement le fonctionnement de ces vélos. Une tablette placée devant le guidon affichait le parcours, tandis que le pédalage faisait progresser l’utilisateur dans l’environnement virtuel. Les données affichées permettaient de suivre l’évolution de la séance et de consulter les performances obtenues.
L’une de nos captures de fin de parcours affichait ainsi 2,6 kilomètres en sept minutes, 21 km/h et une dépense estimée à 28 kilocalories, avec une première place indiquée par l’application pour cette session. Au-delà des chiffres, l’intérêt réside dans cette interaction permanente entre l’action physique et sa représentation numérique. Le parcours n’avance pas tout seul. Il faut produire un effort pour progresser.
Ce fonctionnement reprend certains ressorts familiers des expériences vidéoludiques : progression, objectifs, retour immédiat sur ses actions et possibilité de se mesurer à un classement. Mais il les transpose dans une pratique sportive réelle.
Du sport de haut niveau à une activité accessible au plus grand nombre
Si cette expérience semblait particulièrement adaptée à un salon consacré au divertissement numérique, son développement répondait initialement aux besoins des sportifs de haut niveau. Yannick Petit nous explique que les athlètes souhaitaient pouvoir reconnaître des parcours à distance, anticiper leurs difficultés et préparer leurs compétitions dans de meilleures conditions.
Les technologies connectées ont permis de répondre à ces besoins en proposant des reproductions de parcours utilisables pendant les entraînements. Cette approche trouve aujourd’hui des applications bien au-delà du sport professionnel. La Ligue Île-de-France de triathlon organise notamment des activités utilisant des vélos et des tapis de course connectés pour proposer des épreuves adaptées à différents publics.
Le principe peut aller jusqu’à organiser un triathlon autour d’une piscine, avec une partie cycliste réalisée sur des équipements fixes et une course à pied sur tapis connectés. L’intérêt est notamment de faciliter l’organisation et de permettre à davantage de personnes de découvrir cette discipline sans devoir disposer immédiatement de tout leur propre matériel. Yannick Petit évoque également l’utilisation de ces dispositifs dans des structures de santé.
Dans ce contexte, les équipements permettent de réunir dans une même salle des personnes aux capacités physiques différentes, avec un encadrement commun et une activité ajustée à chacun. Cette dimension sociale constitue sans doute l’un des aspects les plus intéressants du projet. La technologie ne sert plus seulement à rechercher la performance. Elle peut aussi faciliter la découverte ou la reprise d’une activité physique.

Et si le gaming devenait une passerelle vers le sport ?
Cette présence à la Paris Games Week nous amène naturellement à nous interroger sur les liens entre les pratiques numériques et la santé. Les amateurs de jeux vidéo peuvent passer plusieurs heures devant leurs écrans, que ce soit pour découvrir un RPG, participer à des compétitions en ligne ou suivre des événements vidéoludiques. Dans ce contexte, le sport représente une activité complémentaire particulièrement intéressante.
Bouger régulièrement, entretenir sa condition physique et interrompre les longues périodes assises contribuent à préserver sa santé et son bien-être. Mais comment encourager une personne peu attirée par les activités sportives traditionnelles à se lancer ? C’est précisément l’une des pistes explorées par la Ligue.
Lors de ses interventions auprès des jeunes, Yannick Petit explique que l’affichage d’un parcours sur une tablette constitue un moyen simple de susciter la curiosité. Pour faire avancer la vidéo, il faut pédaler. L’activité devient alors plus interactive, avec un objectif immédiatement compréhensible.
Dans cette approche, l’écran cesse d’être uniquement un outil de divertissement pour devenir un accompagnateur de l’effort physique. Pour un public habitué aux jeux vidéo, cette façon de présenter le sport peut constituer une porte d’entrée particulièrement pertinente.
Une innovation intéressante, mais qui ne remplace pas toutes les pratiques sportives
L’intérêt de ces dispositifs ne doit cependant pas masquer certaines différences avec une activité traditionnelle. Un vélo connecté permet de travailler son effort et son endurance, mais il ne reproduit pas les compétences nécessaires à la conduite d’un véritable vélo sur la route, notamment l’équilibre, le pilotage ou la gestion de la circulation.
De même, reproduire une installation équivalente à domicile nécessite du matériel compatible, un espace adapté et, selon les fonctionnalités souhaitées, un abonnement à l’application. Kinomap propose néanmoins plusieurs possibilités d’accès, dont des fonctionnalités gratuites et des offres payantes.
Ces équipements représentent donc une possibilité supplémentaire de pratiquer une activité physique plutôt qu’un remplacement systématique du sport extérieur. Leur véritable intérêt réside dans leur capacité à offrir davantage de choix aux utilisateurs.

Une présence inattendue, mais parfaitement cohérente avec la PGW
Interrogé sur les raisons de sa participation à la Paris Games Week, Yannick Petit insiste sur la volonté de sortir du cadre habituel des clubs sportifs. La Ligue souhaitait rencontrer un public différent, présenter ses activités et découvrir comment les visiteurs réagiraient à cette proposition. Selon lui, les retours ont été très positifs, avec de nombreux visiteurs surpris et intéressés par cette expérience.
Une démarche qui montre également que l’innovation naît parfois de la rencontre entre des univers qui semblent éloignés. Le jeu vidéo, le sport, les applications connectées et les technologies immersives peuvent aujourd’hui partager des mécanismes et des objectifs communs. La découverte de ces vélos connectés à la Paris Games Week 2026 illustre ainsi une évolution intéressante : le numérique ne nous invite pas nécessairement à rester immobiles. Il peut aussi devenir un moyen de nous faire bouger.
Et pour les passionnés de gaming, cette rencontre rappelle qu’il n’existe aucune opposition fondamentale entre aimer les écrans et aimer l’activité physique. L’essentiel reste de trouver une pratique qui nous motive et un équilibre qui nous corresponde.
Reportage et entretien réalisés lors de la Paris Games Week 2026, en compagnie de Yannick Petit, directeur de la Ligue Île-de-France de triathlon.