Test – Final Fantasy VII Rebirth : Le choc des titans entre PS5 et Switch 2

Voir débarquer la suite des aventures de Cloud et sa bande sur la nouvelle console hybride de Nintendo relève du pur miracle technologique. Après avoir retourné l’immense monde de Gaia sur PlayStation 5, j’étais curieux de voir comment le bébé de Square Enix allait s’en sortir dans le creux de mes mains. Développé initialement pour exploiter la puissance brute de la console de Sony, le titre a dû subir une sacrée cure d’optimisation pour tourner sur le hardware de Big N. Le résultat est bluffant, mais il impose logiquement son lot d’ajustements techniques.

Le premier constat est sans appel : la version PS5 reste la vitrine technologique incontestée, affichant une superbe 4K dynamique à 30 images par seconde en mode Graphiques, ou du 60 images par seconde en mode Performance. Sur Switch 2, il faut faire une croix sur la fluidité absolue puisque le jeu est solidement capé à 30 images par seconde, que ce soit sur la télé ou en mode portable. Heureusement, Square Enix a fourni un travail d’orfèvre sur l’Unreal Engine 4 pour que ce framerate reste d’une stabilité exemplaire, évitant les saccades frustrantes pendant les combats dynamiques.
Pour accomplir ce tour de force, les développeurs ont dû sabrer dans la résolution brute. Là où la PS5 affiche une image nette sur grand écran, la Switch 2 s’en remet aux technologies modernes en tournant à une résolution interne oscillant entre 540p sur dock et à peine 380p en mode nomade. Ne paniquez pas à la lecture de ces chiffres : c’est ici que la puce Nvidia de la Switch 2 entre en scène. Grâce au DLSS et à sa reconstruction par intelligence artificielle, l’image finale est étirée proprement, offrant un rendu bien plus propre et net que ce que la fiche technique laissait redouter.

Cependant, l’illusion a ses limites, et le comparatif visuel direct met en lumière des sacrifices visibles sur la machine de Nintendo. Les textures des décors et des vêtements ont été fortement compressées pour s’adapter aux 12 Go de RAM de la console, un downgrade flagrant lors des gros plans durant les cinématiques si on compare à la version PS5. La végétation luxuriante des plaines de Kalm ou de la région de Junon a également perdu en densité. Le « pop-in » d’éléments du décor, déjà présent sur la console de Sony, se montre ici un peu plus agressif à moyenne distance.

Un détail technique m’a particulièrement sauté aux yeux : le traitement des chevelures des personnages. La crinière argentée de Sephiroth et les pics iconiques de Cloud perdent de leur superbe sur Switch 2. Le DLSS peine un peu à reconstruire les détails ultra-fins des cheveux, ce qui engendre un effet de flou et de fourmillement assez « frizzé » qui n’existe pas sur PS5. Les animations des PNJ à l’arrière-plan ont aussi été simplifiées, certains personnages lointains se figeant ou se déplaçant avec un nombre d’images réduit pour économiser le processeur.
Pourtant, malgré ces coupes budgétaires sur les polygones, la structure globale du jeu reste intacte. L’immensité des zones ouvertes, la physique des objets et la mise en scène grandiose des cinématiques n’ont pas bougé d’un iota. Mieux encore, la Switch 2 conserve des effets visuels avancés comme les reflets sur l’eau et les ombres dynamiques en temps réel. L’ambiance sonore, véritable chef-d’œuvre de cette suite, est intégralement préservée et flatte les oreilles avec la même puissance dramatique que sur la console de salon de Sony.

Le système de combat en temps réel, qui mélange action et stratégie via la jauge ATB, s’adapte à merveille aux Joy-Cons ou à la manette Pro. Si l’on perd le retour haptique immersif de la manette DualSense de la PS5, l’ergonomie reste excellente. Les combats à 30 images par seconde demandent un léger temps d’adaptation lorsqu’on vient des 60 images par seconde de la PS5, mais le timing des esquives et des parades parfaites reste totalement jouable et gratifiant.
La force absolue de cette version Switch 2, c’est évidemment sa portabilité. Pouvoir explorer l’immense open-world de Final Fantasy VII Rebirth, faire ses quêtes annexes au fond de son lit ou vider les mini-jeux du Gold Saucer dans le train fait totalement oublier les textures un peu baveuses ou les concessions graphiques. Le titre gagne une dimension « cosy » et accessible qui m’a poussé à dévorer le contenu secondaire bien plus volontiers que lors de ma première session calé dans mon canapé devant la télé.
Au moment de faire le choix, tout dépend de votre profil de joueur. Si vous cherchez l’immersion visuelle absolue, la claque graphique en 4K pour en prendre plein les yeux sur un grand écran OLED, la version PlayStation 5 reste la référence incontestée. En revanche, si vous êtes un joueur nomade dans l’âme ou que le confort du format portable supplante la course aux pixels, cette version Switch 2 est un immense tour de force qui mérite amplement sa place dans votre ludothèque.

Square Enix signe ici l’un des portages les plus impressionnants de cette génération, prouvant que la nouvelle console de Nintendo en a sérieusement dans le ventre. Les compromis visuels sont réels, mais ils s’effacent rapidement derrière le plaisir de posséder un tel chef-d’œuvre du RPG au creux des mains. Une aventure grandiose, spectaculaire et désormais totalement nomade qui pose les bases de ce que la Switch 2 peut offrir pour les blockbusters tiers à venir.
Points positifs
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Le plaisir fou de jouer à un tel monument en mode portable.
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La magie du DLSS qui sauve le rendu visuel malgré la basse résolution d’origine.
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Un framerate à 30 fps très stable après les dernières optimisations.
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L’ambiance sonore et l’immensité du monde respectées à 100 %.
Points négatifs
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Les textures fortement compressées sur les arrières-plans et cinématiques.
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L’effet de fourmillement persistant sur les cheveux et les feuillages.
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Un « pop-in » d’éléments plus visible que sur PS5.
Note globale : 18/20
Voici le lien officiel pour retrouver le jeu sur la boutique de Square Enix et sur le Nintendo Store :
Le Conseil Geeko : Si vous jouez principalement sur votre téléviseur avec la Switch 2, forcez le signal de la console en 1080p dans les paramètres de la machine. Cela permet de fluidifier encore un peu plus le traitement de l’image par le DLSS et d’atténuer le bruit visuel sur les textures fines comme les cheveux de Cloud !