Avis : Zange T.2 de Santa Inoue aux Éditions Akata

Santa Inoue, le célèbre auteur de Tokyo Tribe, revient avec Zange, un titre publié chez Akata dans la collection « WTF?! ». Ce second tome confirme la direction prise par le studio Akita Shoten (l’éditeur original au Japon) : une œuvre radicale qui ne cherche pas à plaire à tout le monde. L’histoire continue de nous bousculer à travers le quotidien d’individus ordinaires dont la vie bascule soudainement dans l’horreur pure, oscillant dangereusement entre le thriller urbain et le slasher sans filtre.
Visuellement, on est face à une véritable claque. Le style de Santa Inoue est ici à son apogée, avec une narration millimétrée et extrêmement cinématographique. L’utilisation audacieuse des perspectives, notamment des effets « fish-eye » qui déforment l’espace, renforce l’aspect étouffant et malsain de l’intrigue. Chaque case est pensée pour percuter l’œil, privilégiant souvent l’image au texte, ce qui rend la lecture fluide mais aussi particulièrement intense et viscérale.
Côté scénario, le tome 2 enfonce le clou du malaise. Après le kidnapping brutal de Naomi, le récit explore les intentions troubles de ses ravisseurs. C’est ici que l’avis peut devenir plus nuancé : le manga mise énormément sur l’ambiance et la violence visuelle, parfois au détriment du développement des personnages. Si tu cherches une intrigue complexe avec beaucoup de dialogues, tu risques d’être frustré. On est plus sur une expérience sensorielle, un « fait divers » qui s’étire.
C’est un manga qui s’adresse à un public averti, amateur de thrillers sombres et de graphismes qui sortent de l’ordinaire. C’est sympa à lire si tu acceptes de te laisser porter par le visuel brut, mais cela reste une lecture « choc » qui peut paraître un peu vide pour ceux qui attendent un fond scénaristique plus dense.
