Publié par les éditions Lorestone et écrit par le duo Bryce O’Connor et Luke Chmilenko, Iron Prince nous plonge dans un futur lointain où l’humanité a colonisé les étoiles mais fait face à une menace extraterrestre implacable. Pour se défendre, les humains ont développé des CAD (Contrôle d’Arsenal par Dispositif), des armures et armes biologiques évolutives liées à l’ADN de leur porteur. On y suit l’histoire de Reidon Ward, un orphelin atteint d’une maladie osseuse rare qui le rend physiquement fragile, mais dont la détermination sans faille va lui permettre d’intégrer la prestigieuse académie Galens malgré des statistiques de départ frôlant le zéro. 

Ce qui rend cette première partie si addictive, c’est l’aspect « Underdog » (le petit qui doit faire ses preuves) poussé à son paroxysme. Rei n’est pas le héros classique qui reçoit un pouvoir divin pour rouler sur tout le monde dès le deuxième chapitre. Au contraire, il doit compenser son manque de force et de résistance par une intelligence tactique hors du commun et une capacité de travail qui frise l’obsession. C’est gratifiant de voir que chaque petite victoire est arrachée dans la douleur, ce qui rend son évolution d’autant plus crédible au sein d’un univers où tout est régi par la performance militaire brute.

L’aspect technique du récit, typique de la Progression Fantasy, est géré avec brio par les auteurs. Les CAD ne sont pas juste des accessoires de combat, ils sont des entités qui évoluent, changent de forme et débloquent des capacités spéciales au fil de l’expérience acquise par l’utilisateur. En lisant, on a presque l’impression de jouer à un RPG de haut vol : on attend avec impatience le prochain passage de niveau ou la notification de montée de statistiques. Cette mécanique crée un rythme soutenu qui nous pousse à toujours vouloir lire « juste une page de plus » pour voir quelle sera la prochaine amélioration de l’armure de Rei.

Le cadre de l’école militaire Galens apporte aussi une dynamique sociale intéressante. Rei n’est pas seul dans son combat ; il est entouré de personnages secondaires qui ont une vraie profondeur, comme sa meilleure amie Viviana Aris ou le colosse Logan Grant, qui joue le rôle du rival intimidant. Les interactions ne sont pas seulement là pour remplir les pages, elles servent à illustrer les préjugés auxquels Rei doit faire face à cause de son physique et de ses origines modestes. L’ambiance de camaraderie mélangée à la compétition féroce entre les cadets donne un côté « Harry Potter rencontre Halo » très efficace.

Cependant, il faut bien avouer que le découpage français choisi par l’éditeur peut être un peu frustrant. Séparer ce premier tome massif en deux parties permet certes une lecture plus légère physiquement, mais cela coupe l’élan au moment où l’intrigue commence vraiment à monter en puissance. La densité des informations techniques sur les rangs (S, A, B, etc.) et les types de combattants peut aussi sembler un peu lourde au début pour ceux qui ne sont pas habitués aux codes du jeu vidéo, même si on finit par s’y faire très naturellement après quelques chapitres.

Cette première partie d’Iron Prince est une réussite totale pour quiconque aime les récits de dépassement de soi et de science-fiction tactique. Le style de Bryce O’Connor est fluide et parvient à rendre les scènes d’entraînement aussi passionnantes que les duels en arène. Si tu as aimé voir Rei poser les bases de sa légende et commencer à faire taire les sceptiques, la suite devrait t’embarquer encore plus loin dans les enjeux galactiques qui se profilent derrière les murs de l’académie. C’est un excellent point d’entrée pour le catalogue de Lorestone qui fait un super boulot de traduction sur ces pépites.

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Littérature

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