Avis – Go For It, Nakamura !! – Tome 1 : La comédie romantique rétro par excellence de Syundei aux Éditions Akata

Avis – Go For It, Nakamura !! – Tome 1 : La comédie romantique rétro par excellence de Syundei aux Éditions Akata

Publié aux éditions Akata et signé par l’artiste Syundei, Go For It, Nakamura !! s’impose d’emblée comme une anomalie rafraîchissante dans le paysage manga actuel. Dès la couverture, l’ouvrage affiche sans détour ses intentions : rendre un hommage sincère, stylisé et totalement décomplexé à l’âge d’or des mangas des années 80 et 90. 

L’intrigue nous plonge dans le quotidien de Nakamura, un lycéen particulièrement réservé et solitaire, qui traverse le tumulte du premier amour. L’objet de son affection secrète n’est autre que son camarade de classe Hirose, un garçon solaire, spontané et toujours souriant. Le décor est ainsi posé pour une comédie sentimentale qui mise tout sur le charme de ses maladresses.

Le véritable obstacle de cette histoire réside dans l’incapacité viscérale de Nakamura à communiquer. Pour lui, la moindre interaction banale relève d’une épreuve insurmontable, son anxiété sociale transformant chaque tentative d’approche en tempête intérieure. Le décalage entre ses monologues intérieurs dramatisés à l’extrême et la réalité crée une dynamique irrésistible.

La structure narrative de ce premier volume adopte un format épisodique particulièrement dynamique. Chaque chapitre met en scène un micro-objectif du quotidien, comme réussir à saluer Hirose dans le couloir, partager un parapluie sous une averse imprévue ou s’asseoir à côté de lui en classe. Ces missions a priori simples dérivent presque systématiquement vers des quiproquos rocambolesques.

Sur le plan visuel, le travail de Syundei impressionne par sa fidélité aux codes rétro. Les pupilles larges et expressives, les trames manuelles, les mèches ébouriffées et les silhouettes arrondies rappellent instantanément l’esthétique de Rumiko Takahashi ou des comédies scolaires vintage. Ce parti-pris graphique insuffle une identité visuelle forte et une grande expressivité aux visages.

Au-delà de la romance, le manga brille avant tout par son timing comique percutant. L’autrice manie à merveille le slapstick, l’exagération visuelle et les réactions cartoonesques lorsque Nakamura panique. Les éléments récurrents insolites, notamment la passion démesurée du héros pour les céphalopodes, ajoutent une touche d’absurde bienvenue qui désamorce toute mièvrerie.

Le personnage d’Hirose apporte un contrepoids parfait à la nervosité du protagoniste. Dépourvu de tout cynisme et d’une bienveillance désarmante, il accueille les bizarreries de Nakamura sans jamais le juger ni se moquer de lui. Cette candeur naturelle rend leurs interactions touchantes et évite soigneusement les pièges des dynamiques toxiques ou forcées.

La galerie des personnages secondaires vient enrichir ce tableau avec une belle énergie. Qu’il s’agisse de professeurs un brin dépassés ou de camarades excentriques qui s’immiscent sans le vouloir dans les plans de Nakamura, chacun joue un rôle précis pour relancer le rythme et provoquer de nouvelles situations embarrassantes pour notre timide héros.

Ce premier tome se distingue également par son accessibilité totale. Tout en s’inscrivant dans la sphère du boys’ love, le titre adopte le ton universel d’un pur récit feel-good, centré sur la vulnérabilité adolescente, l’amitié naissante et la peur du rejet. Le propos reste constamment doux, pudique et profondément solaire.

 

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