Test : Hellbound Inc. : Travailler pour Satan n’a jamais été aussi jouissif et punitif ! (Playstation 5)

Développé et édité par les Mexicains de Seashell Studio, Hellbound Inc. te parachute dans les bottes trouées d’un coursier mort-vivant coincé dans un gigantesque centre logistique récemment racheté par Satan en personne. Ta mission est aussi simple qu’horrible : honorer des cadences de livraison infernales sous peine de te retrouver condamné aux heures supplémentaires pour l’éternité.
Dès le départ, tu comprends que l’ambiance parodie férocement le monde du travail moderne et les entrepôts géants, mais transposés au beau milieu du Tartare. Entre les mémos d’entreprise lunaires, les chefs d’équipe tyranniques et le café radioactif de la salle de pause, le ton est donné avec un humour noir particulièrement bien senti.
Côté manette, on est sur du pur jeu de plateforme 2D de haute précision, nerveux et impitoyable. Ton petit livreur squelettique répond au doigt et à l’œil, sautant de plateforme en plateforme tout en balançant des colis avec une physique millimétrée qui rappelle les meilleurs représentants du genre.

La prise en main demande un petit temps d’adaptation, surtout pour dompter l’inertie lors des réceptions de saut avec un carton à bout de bras. Le moindre faux pas ne pardonne pas, et chaque milliseconde compte pour ajuster ton angle de chute avant de repartir en sprintant.
Les niveaux regorgent de pièges sadiques qui s’activent au pire moment possible. Entre les tapis roulants inversés, les broyeurs à déchets industriels et les geysers de flammes surgissant du sol, traverser une seule pièce ressemble vite à un véritable parcours du combattant.
Mention spéciale aux chariots élévateurs possédés qui foncent à travers les allées sans regarder qui se trouve sur leur chemin. Tu te retrouves constamment à anticiper leurs trajectoires aléatoires tout en essayant de calculer la trajectoire optimale pour déposer ton paquet dans la bonne benne.
La vraie source de tension vient de la jauge de quota et des chronomètres serrés imposés par la hiérarchie. Si tu traînes trop, le niveau s’embrase ou un contremaître démoniaque débarque pour te transformer en poussière d’os, ce qui t’oblige à adopter un rythme effréné sans jamais pouvoir respirer.
Le level design se renouvelle continuellement au fil des étages de l’entrepôt avec des idées franchement malignes. Les salles deviennent de plus en plus verticales et tordues, t’obligeant à utiliser les colis comme tremplins temporaires ou comme contrepoids sur des interrupteurs suspendus.

Les rencontres avec les managers font office de combats de boss particulièrement corsés où la fuite et la ruse priment sur l’affrontement direct. Il faut mémoriser leurs paternes tout en continuant d’alimenter les machines sous une pluie d’attaques de zone dévastatrices.
Visuellement, la direction artistique en 2D façon cartoon rétro fait des merveilles avec ses animations découpées à la main et ses couleurs criardes. Les mimiques paniquées de ton coursier et les détails hilarants disséminés dans le décor rendent l’échec beaucoup moins frustrant qu’il ne devrait l’être.
La bande-son colle parfaitement au délire ambiant, alternant entre rythmes jazzy survitaminés et sonorités rock agressives quand le stress monte d’un cran. Les bruitages d’écrasement de carton et les grognements des créatures renforcent cette atmosphère de dessin animé complètement barré.
Sur PlayStation 5, le titre tourne à 60 images par seconde sans la moindre anicroche, ce qui reste primordial pour un plateformeur exigeant où le timing se joue à la frame près. Les retours haptiques de la manette DualSense apportent un petit bonus sympathique en faisant vibrer la cadence des machines et le poids des charges que tu transportes.

La courbe d’apprentissage est raide, mais la satisfaction d’enchaîner une section parfaite après une quinzaine d’essais infructueux est immense. Le jeu récompense clairement la persévérance, le sang-froid et l’apprentissage par l’erreur grâce à un respawn quasi instantané.
Pour ceux qui aiment poncer leurs jeux à fond, le titre propose une belle rejouabilité avec des défis de vitesse optionnels et des bordereaux dorés cachés dans les recoins les plus inaccessibles. Les amateurs de speedrun et de classements en ligne vont clairement y passer des nuits blanches à grappiller des centièmes de seconde.
Hellbound Inc. réussit son pari en mélangeant plateforme exigeante et satire corrosive du salariat avec une énergie contagieuse. Même si certains passages peuvent mettre tes nerfs à rude épreuve avec des pics de difficulté soudains, la précision du gameplay et le charme délirant de l’univers t’incitent toujours à relancer un run. C’est une excellente pioche pour les mordus de die-and-retry qui cherchent un défi relevé sans se prendre la tête.
Ce que j’ai aimé
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Le gameplay ultra précis qui répond instantanément.
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L’humour noir mordant et la satire géniale du monde du travail.
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La direction artistique cartoon très expressive et fluide.
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Le respawn immédiat qui évite toute frustration inutile.
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La fluidité parfaite sur PS5, indispensable pour ce type de jeu.
Ce que j’ai moins aimé
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Des pics de difficulté parfois brutaux sur certains niveaux avancés.
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La visibilité un peu confuse quand l’écran est saturé de pièges et de colis.
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Une physique des boîtes qui peut occasionnellement jouer des tours sur les rebords.
Note finale : 16/20
Où trouver le jeu :
Le conseil Geeko : N’hésite pas à abuser du lancer plongeant pour expédier tes cartons sur les tapis roulants à distance plutôt que de courir jusqu’à eux ; cela te fera gagner les quelques précieuses secondes nécessaires pour décrocher les médailles d’or sans risquer de finir écrabouillé par un chariot élévateur !