Test – Shroom and Gloom : un festin fongique aussi déjanté qu’addictif ! (Steam)

Test – Shroom and Gloom : un festin fongique aussi déjanté qu’addictif ! (Steam)

Développé par le studio sud-africain Team Lazerbeam et édité par les spécialistes de l’étrange chez Devolver Digital, Shroom and Gloom te plonge dans des souterrains organiques poisseux. Tu y incarnes un explorateur téméraire devant s’enfoncer au plus profond des ténèbres du « Gloom » en affrontant des hordes de champignons mutants.

Dès les premières secondes, ce qui frappe immédiatement, c’est cette direction artistique hallucinante. Le jeu marie des environnements en 3D avec des dessins 2D entièrement animés à la main au feutre et au stylo, donnant l’impression de feuilleter un vieux livre animé ou un fanzine underground. L’ambiance visuelle comme sonore réussit le tour de force d’être à la fois délicieusement glauque, mystérieuse et étrangement chaleureuse.

Côté gameplay, le titre dépoussière sérieusement les poncifs du deckbuilder à la première personne avec son ingénieux système de double deck. Tu gères en effet deux pioches bien distinctes : un deck d’exploration pour crocheter des serrures, allumer des feux, fouiller des recoins et altérer tes cartes, et un deck de combat réservé aux affrontements purs. Cette dynamique apporte une gestion tactique permanente entre le loot, le maintien de la chaleur et la progression dans les donjons.

Mais le véritable coup de génie réside dans l’absence totale de cartes de défense traditionnelles. Ici, pas question de lever un bouclier : pour survivre, il faut assaisonner, rôtir, embrocher puis dévorer tes ennemis en plein combat pour récupérer des points de vie ou préparer des soupes dévastatrices. Cette nourriture sert également de monnaie d’échange auprès des marchands, ce qui pousse constamment à prendre des risques pour achever les monstres avec la bonne carte culinaire.

Tout n’est pas encore parfait pour autant, Early Access oblige. Bien qu’on trouve déjà plusieurs classes et embranchements, les schémas de salles et les boss finissent par se répéter un peu trop au bout de plusieurs heures de jeu. De plus, certaines synergies très fortes demandent un coup de pouce du hasard difficile à forcer, et le confort de jeu sur console portable comme le Steam Deck mérite encore quelques ajustements d’ergonomie.

Pour ma part, c’est un véritable coup de cœur qui apporte un souffle d’air frais revigorant au genre du roguelite. L’alchimie entre exploration tactile et boucherie culinaire fonctionne à merveille, portée par un style graphique qui a une personnalité folle. Si tu aimes les jeux de cartes qui osent sortir des sentiers battus sans se prendre au sérieux, c’est une pépite à surveiller de très près.

Points positifs

  • Direction artistique magistrale, entièrement dessinée à la main

  • L’idée brillante du double deck (exploration et affrontement)

  • Mécanique de survie originale basée sur la cuisine et la dégustation des ennemis

  • Ambiance sonore immersive et univers atypique

  • Combos et améliorations de cartes particulièrement jouissifs

Points négatifs

  • Légère redondance des boss et des chemins après quelques runs réussis

  • Contenu encore en cours d’étoffement (accès anticipé)

  • Dépendance parfois frustrante au tirage pour finaliser les synergies ultimes

Note Finale : 08/10

Boutique :

Le conseil Geeko : Ne te précipite pas pour tuer le dernier champignon d’un combat avec une attaque basique. Fais durer le round si ta santé le permet afin de lui infliger un coup fatal avec une carte de cuisine : accumuler de la nourriture est essentiel non seulement pour te soigner entre deux pièces, mais surtout pour acheter les cartes les plus rares aux étals de marchands !

 

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