Avis – Tout ce que mon père a perdu de Hiroko Matsuda aux Éditions Akata

Avis – Tout ce que mon père a perdu de Hiroko Matsuda aux Éditions Akata

Sorti tout récemment aux éditions Akata, Tout ce que mon père a perdu est un one-shot autobiographique signé Hiroko Matsuda qui explore la complexité des liens familiaux avec une franchise désarmantes. L’ouvrage pose d’emblée les bases d’une relation brisée par l’inflexibilité et les erreurs d’un père qui s’est progressivement mis tout le monde à dos, évitant les lourdeurs narratives pour aller droit au cœur du sujet. 

Devenue adulte et mangaka, l’autrice se retrouve confrontée au poids de son passé alors que son père approche de la fin de sa vie, questionnant sans détour la possibilité d’une réconciliation tardive face à l’inéluctable. Publié dans la collection Large d’Akata, ce titre s’adresse à un public averti (dès 16 ans) capable d’encaisser une forte charge émotionnelle, tout en évitant habilement le piège du pathos larmoyant grâce à une sincérité de tous les instants.

Graphiquement, le trait de l’autrice sert à merveille son propos intimiste, mis en valeur par l’adaptation et le lettrage de David Pollet et Cindy Bertet. Les expressions des visages, les silences et les non-dits pèsent lourd dans la narration, renforçant l’immersion dans ce huis clos familial étouffant sans artifice inutile pour coller au plus près de la dureté du scénario.

Ce qui frappe le plus dans cette lecture, c’est la nuance avec laquelle Matsuda parvient à peindre des émotions contradictoires comme l’amour, le ressentiment et les regrets. On oscille constamment entre la colère face au comportement paternel et la peine, dans une description ultra-réaliste qui montre que la haine et l’affection peuvent parfois cohabiter dans un même cœur.

Le rythme de l’album s’avère particulièrement bien maîtrisé grâce à une narration visuelle directe et percutante qui rend l’ensemble hautement cathartique. On tourne les pages rapidement, happé par une démarche artistique courageuse qui invite à accepter nos propres failles et celles de nos aînés pour tenter de panser nos plaies.

Pour mon conseil Geeko du jour : prépare un paquet de mouchoirs et isole-toi au calme, car c’est une véritable claque émotionnelle qui se savoure d’une seule traite. Ce one-shot est disponible dès à présent au prix de 12,99 € sur le site d’Akata et dans toutes les bonnes librairies pour enrichir ta mangathèque de pépites psychologiques.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *