Écrit par Quentin P. Lemarié, De Victoria in Machinas – Tome I : De Fer & de Sang nous plonge dans un Londres uchronique de 1902 totalement dévasté. On y suit le réveil d’un automate défectueux, hanté par les souvenirs d’un soldat, dont la rencontre avec la jeune orpheline Annie va devenir le point de départ d’une résistance désespérée contre une armée de machines cauchemardesques.
Ce qui frappe dès les premières pages, c’est l’ambiance steampunk particulièrement sombre et viscérale. On est loin d’un monde de vapeur tout propre ; ici, les machines récoltent littéralement des organes humains pour fonctionner. C’est une vision d’horreur mécanique qui prend aux tripes, où la survie de l’humanité ne tient qu’à un fil face à des automates qui semblent n’avoir aucune pitié, sauf peut-être notre protagoniste métallique qui cherche à comprendre son passé.
L’auteur a fait un choix de narration assez audacieux en découpant son récit en trois actes temporels : le passé, le présent et le futur. Au début, j’avoue que c’est un peu déstabilisant de sauter d’une époque à l’autre, mais on finit par comprendre comment chaque pièce du puzzle s’imbrique pour expliquer la chute de Londres. Cette structure permet de donner une profondeur historique au conflit et de mieux saisir l’ampleur du désastre qui a frappé l’Angleterre.
La relation entre le robot et la petite Annie est clairement le cœur émotionnel du livre. Voir cette machine de guerre retrouver des fragments d’humanité au contact de l’innocence d’une enfant apporte une touche de lumière dans cet univers très noir. Les scènes d’action sont d’ailleurs ultra-dynamiques et très bien chorégraphiées, on sent presque l’odeur de l’huile chaude et du sang dès que les combats s’engagent dans les rues brumeuses de la capitale.
C’est une lecture qui se dévore d’une traite si on aime les récits de science-fiction qui ne prennent pas de gants. Même si certains personnages secondaires auraient mérité d’être encore un peu plus creusés, l’intrigue principale est assez solide pour nous tenir en haleine jusqu’à la dernière ligne. On sent que c’est un projet de passionné, né sur Wattpad et Ulule, et la qualité finale du monde créé par Quentin P. Lemarié est vraiment impressionnante pour un premier tome.
C’est une excellente surprise qui renouvelle bien le genre de l’uchronie mécanique avec une touche de « grimdark » bienvenue. Si tu cherches une aventure qui mélange émotions fortes et combats épiques contre des engrenages tueurs, tu ne seras pas déçu par ce voyage au cœur d’un Londres apocalyptique. C’est le genre de bouquin qui te donne immédiatement envie de commander le tome suivant pour savoir si l’humanité a encore une chance.

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