C’est souvent au troisième tome qu’une comédie romantique joue sa crédibilité. L’effet de nouveauté passé, l’auteur doit transformer l’essai. Avec ce troisième opus, Karin Anzai prouve que Not Just a Pretty Face n’est pas juste un bonbon visuel pour feed Instagram, mais une rom-com moderne qui maîtrise parfaitement ses codes.

Commençons par ce qui frappe immédiatement : le graphisme. Dans ce tome 3, le trait de Karin Anzai est plus affûté que jamais.

  • Le Chara-design : L’auteure joue sur le méta. Kanato est censé être beau à se damner, et le dessin lui rend justice sans tomber dans la caricature. Il y a un travail sur les regards dans ce volume — notamment les moments où Kanato regarde Sana non plus comme sa « manager », mais comme une fille — qui est d’une précision chirurgicale.

  • Le Découpage : C’est dynamique, aéré, rappelant le scroll fluide d’un réseau social. Les trames sont utilisées pour créer cette ambiance « paillettes » tout en laissant place à des arrière-plans plus vides quand la solitude des personnages refait surface.

Narrativement, ce tome marque un tournant. On sort de la simple mécanique « Mission : gagner des abonnés » pour toucher au cœur du sujet.

  • L’évolution du duo : Le cap des 100 000 abonnés est atteint (ou en passe de l’être, selon le cliffhanger du T2), mais l’intrigue rebondit intelligemment avec l’intervention du proviseur. Ce n’est plus seulement une quête de popularité, c’est une lutte pour la survie scolaire de Kanato.

  • Sana, la MVP : Ce qui est rafraîchissant, c’est que Sana n’est pas l’héroïne shōjo passive. Elle est compétente, stratégique. Dans ce tome, on la voit gérer la crise avec une détermination qui force le respect, tout en commençant à perdre pied émotionnellement face à son « idole ». Cette dissonance cognitive (je suis sa fan / je suis sa manager / je suis amoureuse ?) est le moteur comique et dramatique du volume.

Ce qui élève ce manga au-dessus de la masse, c’est son sous-texte sur l’authenticité. Le tome 3 appuie là où ça fait mal : l’écart entre l’image publique et la réalité privée. Karin Anzai utilise le prétexte des réseaux sociaux pour moderniser le trope du « faux couple » ou du « partenariat forcé ». Là où les shōjos des années 2000 utilisaient le chantage ou la dette, ici, c’est l’algorithme et la réputation numérique qui dictent le rythme. C’est brillant car cela parle directement à notre époque.

Ce troisième tome confirme le potentiel de la série. On rit, on fangirl (c’est le but), mais on s’attache surtout à la maladresse touchante de Kanato qui apprend, grâce à Sana, à être humain avant d’être une image.

Type de publication: Manga
Prix: 7.30 €

CATEGORIES

Mangas

No responses yet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *