Ici, c’est Arc System Works qui assure à la fois le développement et l’édition de cette petite pépite. Dear me, I was… est une expérience narrative singulière qui nous invite à suivre le parcours d’une femme, de ses joies d’enfant à ses réflexions d’adulte, le tout à travers une esthétique absolument sublime qui rappelle les plus beaux livres illustrés.

Le premier point qui saute aux yeux, c’est ce choix artistique audacieux mêlant l’aquarelle et la rotoscopie. Cette technique de capture de mouvement donne une fluidité incroyable aux gestes de la protagoniste, tandis que les textures granuleuses et les couleurs vibrantes de la peinture à l’eau apportent une douceur mélancolique à chaque scène. On n’est pas simplement devant un écran, on a l’impression de voir les pages d’un journal intime s’animer sous nos yeux avec une délicatesse rare.

Ce qui est fascinant dans ce titre, c’est sa capacité à raconter une histoire profonde sans utiliser le moindre mot. En misant sur une narration purement visuelle et interactive, le jeu devient universel : peu importe ta langue, tu ressens les émotions, les doutes et les moments de bonheur de cette femme. C’est un exercice de style courageux qui prouve que le jeu vidéo n’a pas toujours besoin de dialogues complexes pour toucher le cœur du joueur.

Le gameplay reste très accessible et minimaliste, ce qui en fait un « casual game » par excellence, mais au sens noble du terme. Les interactions sont simples et servent avant tout à nous faire participer activement aux moments clés de l’existence du personnage. On ne cherche pas ici le challenge ou la performance, mais plutôt une connexion émotionnelle avec ce récit qui dure moins d’une heure, mais qui reste gravé en mémoire bien après avoir posé la manette.

La bande-son joue également un rôle crucial dans cette immersion sensorielle. La chanson thème « Strange Journey » et les différentes compositions d’ambiance viennent souligner chaque étape de la vie de l’héroïne. La musique agit comme un guide émotionnel, s’adaptant aux changements de ton de l’histoire, passant de notes légères et joyeuses à des accords plus graves et introspectifs, ce qui renforce l’aspect cinématographique de l’œuvre.

C’est une véritable lettre d’amour à l’existence humaine, avec tout ce qu’elle comporte de banal et d’exceptionnel. Le jeu nous rappelle que chaque vie, aussi modeste soit-elle, est composée d’une multitude de petits liens et de souvenirs qui forment un tout magnifique. C’est une œuvre qui incite à la réflexion sur notre propre passé et sur la manière dont nous avons grandi au fil des rencontres et des épreuves que nous avons traversées.

Pour finir, j’ai trouvé que le format court était une force pour ce type de projet. En se concentrant sur une expérience condensée mais intense, Arc System Works évite les longueurs inutiles et nous livre un récit percutant. On ressort de cette heure de jeu avec un sentiment de plénitude, un peu comme après avoir terminé un excellent court-métrage ou un roman graphique de qualité. C’est une parenthèse poétique que je ne peux que te recommander de savourer jusqu’à la dernière seconde.

Ce que j’ai retenu

Les likes :

  • Le mélange visuel unique entre aquarelle et rotoscopie.

  • La narration muette qui rend l’histoire universelle et poétique.

  • La bande-son immersive et la chanson thème très marquante.

  • Un rythme parfait pour une expérience courte et intense.

Les dislikes :

  • On aimerait parfois que certaines scènes durent plus longtemps.

  • Le manque de rejouabilité une fois que l’on connaît le dénouement.

Ma note finale : 18/20

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