Disco Simulator nous propulse dans le monde clinquant mais impitoyable de la gestion de boîtes de nuit, une thématique rafraîchissante dans le paysage saturé des simulations de type « tycoon ». Le titre nous place aux commandes d’un établissement à bâtir de toutes pièces, nous demandant de jongler entre l’aménagement intérieur, la programmation musicale et la satisfaction d’une clientèle aussi exigeante que volatile. Sur PS5, l’expérience se veut accessible et immédiate, nous plongeant sans préambule dans une boucle de progression classique mais efficace où chaque dollar gagné sert à acheter ce néon ou cette enceinte qui fera de nous le roi de la nuit.

L’aspect construction constitue sans doute le cœur le plus solide de l’expérience, avec une liberté assez plaisante pour disposer ses murs, son bar et sa piste de danse. Voir son club passer d’un entrepôt miteux à un temple de la techno branché procure une satisfaction réelle, d’autant que le moteur graphique rend honneur aux effets de lumière et aux lasers. On se prend rapidement au jeu du « Tetris » immobilier, optimisant chaque recoin pour maximiser le flux de clients tout en essayant de garder une cohérence esthétique qui flatte l’œil, malgré une interface parfois un peu rigide à la manette.

Une fois les portes ouvertes, le jeu bascule dans une phase de gestion de crise permanente qui donne tout son sel au titre. Il ne s’agit pas seulement de regarder les gens danser ; il faut gérer les videurs pour filtrer les fauteurs de troubles, envoyer le personnel de nettoyage éponger les incidents techniques aux toilettes et s’assurer que le stock d’alcool ne tombe pas à sec en plein pic d’affluence. Cette micro-gestion, ponctuée de mini-jeux pour préparer les boissons ou vérifier les cartes d’identité, apporte un dynamisme bienvenu et évite au joueur de rester passif devant son écran.

Cependant, le titre finit par se heurter à une certaine répétitivité qui pointe le bout de son nez après quelques heures. Le cycle jour/nuit, bien que structurant, finit par devenir mécanique et les événements aléatoires ne parviennent pas toujours à briser la routine qui s’installe. On regrette que la profondeur stratégique ne soit pas plus poussée, notamment dans la gestion du personnel ou les relations avec les fournisseurs, qui restent assez superficielles. On a parfois l’impression d’avoir fait le tour des mécaniques principales un peu trop rapidement, même si les différents clubs à débloquer tentent de varier les plaisirs.

Sur le plan technique, la version PS5 s’en sort honorablement avec des temps de chargement réduits et une fluidité constante, même lorsque la piste de danse est bondée. Les vibrations de la manette DualSense apportent un petit plus immersif lors des basses de la musique, même si l’exploitation du retour haptique reste minimale. Le plus gros point noir concerne la navigation dans les menus : pensée pour la souris, l’interface console manque de raccourcis intuitifs, rendant certaines manipulations laborieuses dans le feu de l’action.

L’ambiance sonore, primordiale pour un tel sujet, est un mélange de réussite et de frustration. Si les morceaux proposés collent parfaitement à l’univers et que le rendu spatial du son est convaincant, la playlist s’avère bien trop courte pour un jeu qui demande d’y passer des heures. On finit par entendre les mêmes boucles de techno ou de chill-out en boucle, ce qui est paradoxal pour un jeu dont le titre promet une simulation de discothèque. Un effort supplémentaire sur la variété musicale ou l’intégration de radios personnalisées aurait été un énorme plus pour l’immersion.

 Disco Simulator est un titre honnête qui remplit son contrat de divertissement sans pour autant révolutionner le genre. C’est une petite parenthèse ludique et colorée, parfaite pour ceux qui cherchent une gestion légère et atmosphérique sans se prendre la tête avec des feuilles de calcul complexes. Malgré ses lacunes en termes de profondeur et son interface perfectible sur console, il offre suffisamment de bons moments pour justifier quelques soirées de jeu, à condition de ne pas en attendre la profondeur d’un mastodonte de la gestion.

J’aime :

  • Le thème original qui change des simulateurs habituels.

  • L’aspect personnalisation et construction assez gratifiant.

  • Les visuels néons et les jeux de lumière réussis.

  • La boucle de gameplay addictive au début.

  • Les mini-jeux qui dynamisent les soirées.

J’aime pas :

  • La playlist musicale beaucoup trop répétitive.

  • L’interface à la manette parfois laborieuse.

  • Le manque de profondeur stratégique sur le long terme.

  • Des mécaniques de gestion qui deviennent vite routinières.

  • Quelques collisions d’objets capricieuses lors de la construction.

Note finale : 13/20

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