L’arrivée du quatrième tome de Not Just a Pretty Face marque un tournant significatif dans le récit, confirmant la maturité de l’œuvre au sein du catalogue Akata.
Ce volume se distingue par un réalisme émotionnel percutant, où l’autrice délaisse les artifices de la romance lycéenne pour explorer la complexité des relations adultes. La force de ce tome réside dans sa gestion des silences et des non-dits, illustrant avec justesse comment le poids du quotidien et des responsabilités influence les sentiments.
Le développement des personnages gagne ici en épaisseur, notamment à travers le prisme de l’image de soi. Le titre prend tout son sens alors que le protagoniste lutte contre les préjugés liés à son apparence, tout en cherchant une légitimité intérieure. L’évolution de l’héroïne est tout aussi soignée : elle navigue entre une vulnérabilité touchante et une prise de conscience nécessaire sur ses propres désirs, rendant ses interactions particulièrement humaines et crédibles.
Sur le plan visuel, le trait reste d’une finesse exemplaire, privilégiant l’expressivité des regards à la surcharge de décors. Le découpage aéré permet de maintenir une ambiance mélancolique et introspective, essentielle pour une série qui mise davantage sur le ressenti que sur l’action pure. L’édition respecte parfaitement cette atmosphère, offrant une lecture fluide où chaque émotion transparaît derrière une mise en page sobre et élégante.
Toutefois, ce tome de transition pourra sembler lent à ceux qui attendent des avancées narratives majeures. Si la contemplation des états d’âme est nécessaire pour l’immersion, l’intrigue piétine légèrement par moments, laissant le lecteur dans l’attente d’une confrontation plus directe avec les enjeux établis précédemment. Cela n’enlève rien à la qualité globale de la série, qui s’impose comme une référence solide pour les lecteurs en quête de récits de vie authentiques.

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