Shed of Ideas nous propulse sans ménagement sur Nébegard, une planète-prison glaciale où l’exil n’est pas seulement une condamnation, mais le point de départ d’une quête identitaire brutale. Dès les premières minutes, Goldilock One frappe par son esthétique atypique, mélangeant un style « Comics » affirmé à une atmosphère de science-fiction sombre et désolée. Le soft ne perd pas de temps en fioritures et nous jette dans le bain d’un Action-RPG qui refuse de choisir entre survie exigeante et narration mystérieuse. C’est ce mélange des genres, parfois audacieux, qui forge l’identité d’un titre qui ne ressemble à aucun autre.

Le cœur du jeu bat au rythme d’un système de combat particulièrement nerveux. Ici, la passivité est synonyme de mort. Le personnage répond au doigt et à l’œil, permettant des enchaînements rapides, des dashs millimétrés et une gestion des impacts qui procure une satisfaction immédiate. On sent une réelle volonté d’offrir une expérience dynamique, loin des affrontements statiques de certains RPG traditionnels. Chaque rencontre avec la faune locale ou les machines génétiquement modifiées devient un ballet de lames et d’esquives où le moindre faux pas se paie cash dans la neige poudreuse de Jakaira.

Là où le jeu surprend, c’est dans la pertinence de ses idées mécaniques. Le système d’alliances avec les PNJ ne se limite pas à de simples lignes de dialogue pour gagner quelques points d’expérience. En développant vos relations, vous débloquez de véritables compagnons d’armes que vous pouvez incarner en temps réel. Cette fonctionnalité apporte une profondeur tactique bienvenue, permettant de varier les styles de jeu et de résoudre des puzzles environnementaux qui exploitent intelligemment les capacités de chacun. On sent que les développeurs ont voulu donner du poids aux interactions sociales, les intégrant directement au gameplay.

L’exploration n’est pas en reste et profite d’une direction artistique qui, bien que techniquement modeste sur certains points, parvient à instaurer une tension constante. Le monde de Nébegard est vaste et regorge de secrets dissimulés sous ses brumes éternelles. La progression est rythmée par la découverte de cristaux N’skita, essentiels pour personnaliser son équipement. L’insertion de ces gemmes modifie non seulement vos statistiques, mais altère aussi visuellement vos attaques, renforçant ce sentiment de montée en puissance gratifiant qui est le sel de tout bon RPG qui se respecte.

Tout n’est pas encore parfaitement poli dans cet exil gelé. Si les idées sont excellentes sur le papier, leur exécution souffre parfois d’un manque de lisibilité lors des affrontements les plus denses. La caméra a parfois du mal à suivre la rapidité de l’action, et l’interface, bien que complète, demande un certain temps d’adaptation avant d’être totalement maîtrisée. On sent que le titre est encore en phase de peaufinage, avec quelques bugs de collision et des quêtes dont le suivi mériterait d’être un peu plus explicite pour ne pas perdre le joueur dans l’immensité blanche.

Goldilock One: The Mists of Jakaira est une proposition rafraîchissante pour les amateurs d’action-RPG en quête de nervosité. Sous ses airs de jeu indépendant rugueux se cache une aventure généreuse, portée par un gameplay solide et une narration qui donne envie de percer le mystère de notre amnésie. Malgré ses quelques défauts de jeunesse et une finition qui doit encore gagner en précision, le titre de Shed of Ideas possède un charme indéniable et une « patte » qui prouve que l’originalité paie toujours quand elle est au service du plaisir de jeu.

J’aime

  • Le système de combat nerveux et très réactif.

  • La possibilité de switcher entre les membres de son équipe en temps réel.

  • La direction artistique typée « Comics » très réussie.

  • Le système de personnalisation via les cristaux N’skita.

  • L’aspect survie qui s’intègre naturellement à l’exploration.

J’aime pas

  • Quelques soucis de lisibilité dans le chaos des batailles.

  • L’interface parfois un peu confuse au début.

  • Certains bugs de collision encore présents.

  • Le suivi des quêtes parfois trop imprécis.

Note : 15/20

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