Si la nostalgie de l’âge d’or de Paper Mario hante encore vos nuits de joueur, Escape from Ever After s’avance comme le remède parfait, sans pour autant se contenter d’un simple copier-coller nostalgique. Développé par le studio Sleepy Castle, le titre nous projette dans un univers où les contes de fées ne sont plus menacés par de sombres sorcières, mais par une multinationale sans âme : Ever After Inc. Le pitch est aussi savoureux qu’absurde : Flynt Buckler, héros de livre d’images, débarque pour occire son ennemi de toujours pour découvrir que le château de ce dernier a été transformé en open-space par une corporation de la « réalité ».

Visuellement, le jeu flatte la rétine avec une direction artistique « papier » colorée et soignée, mais c’est dans son gameplay qu’il brille par sa maturité. On y retrouve les combats au tour par tour dynamiques chers au genre, où chaque attaque et chaque garde demande un timing précis pour maximiser les dégâts. Cependant, là où il dépasse son illustre modèle, c’est dans la richesse de ses mécaniques de combat. Le système de synergie entre les personnages et la gestion des ressources apportent une couche stratégique bien plus profonde que les standards habituels, forçant le joueur à réellement réfléchir à ses combinaisons de badges et de compétences.

L’exploration n’est pas en reste et profite d’un level design particulièrement ingénieux. Les énigmes environnementales utilisent les capacités uniques de nos compagnons de manière organique, transformant chaque chapitre en un petit diorama interactif plein de secrets. Qu’il s’agisse de manipuler le décor ou d’utiliser les talents de ses alliés pour débloquer de nouveaux passages, le titre évite la linéarité trop prononcée. Sur Steam, l’expérience est d’une fluidité exemplaire, et on sent que chaque mécanique a été polie pour offrir un sentiment de progression constant sans jamais tomber dans la répétition.

L’écriture constitue l’autre grand pilier de cette aventure, avec une satire sociale grinçante qui fait mouche à chaque dialogue. Le jeu s’amuse à détourner les clichés des contes de Grimm pour les confronter à la bureaucratie moderne, créant un décalage comique permanent. Les PNJ ne sont pas de simples figurants, mais des victimes hilarantes de la culture d’entreprise, rendant l’univers incroyablement vivant et cohérent. C’est cette identité forte, portée par une bande-son jazzy entraînante, qui permet au titre de s’émanciper de ses influences pour devenir une œuvre à part entière.

Escape from Ever After est une excellente surprise qui prouve qu’on peut reprendre une formule classique tout en y injectant une dose massive de modernité et d’originalité. Plus recherché qu’un simple hommage, il propose un système de jeu solide et une thématique originale qui résonne particulièrement aujourd’hui. C’est un titre généreux, intelligent et surtout extrêmement plaisant à parcourir de bout en bout, s’imposant comme une nouvelle référence du RPG indépendant sur PC.

J’aime :

  • L’humour satirique brillant sur le monde du travail et la culture d’entreprise.

  • Le système de combat dynamique avec des mécaniques de synergie poussées.

  • La direction artistique vibrante et l’animation « papier » très soignée.

  • Des énigmes et des capacités de personnages plus recherchées que chez la concurrence.

  • La bande-son excellente qui donne une pêche incroyable à l’exploration.

J’aime pas :

  • Quelques pics de difficulté assez abrupts contre certains boss de fin de zone.

  • Les fenêtres de timing pour les contres parfois un peu serrées au clavier/souris.

  • Certains menus d’inventaire qui auraient mérité un peu plus d’ergonomie.

  • Le rythme qui faiblit légèrement lors de certaines quêtes secondaires de « coursier ».

Note finale : 17/20

Le jeu est par ici : 

https://store.steampowered.com/app/1996390/Escape_from_Ever_After/

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