Le retour de cet opus titanesque de la saga Dragon Quest sur nos consoles modernes est un événement que peu de joueurs espéraient voir se concrétiser avec autant de soin. En débarquant sur Xbox Series X, cette version « Reimagined » ne se contente pas d’un simple lissage haute définition, mais propose une refonte structurelle qui respecte l’ADN de l’œuvre originale tout en gommant ses archaïsmes les plus rudes. On y retrouve cette quête mélancolique et fragmentée où l’on doit restaurer le monde morceau par morceau, un concept qui n’a rien perdu de sa superbe et de sa poésie au fil des décennies.

Techniquement, le titre tire pleinement parti de la puissance de la machine pour offrir une fluidité exemplaire en 4K, rendant l’exploration des archipels d’une fluidité absolue. La direction artistique a été intelligemment modernisée : les environnements fourmillent désormais de détails, et les jeux de lumière lors des cycles jour/nuit apportent une immersion bienvenue sans trahir le trait iconique d’Akira Toriyama. C’est un véritable plaisir visuel que de redécouvrir ces villages isolés, chacun possédant sa propre identité visuelle et sonore, magnifiée par une bande-son orchestrale qui donne enfin l’ampleur méritée aux compositions de Sugiyama.
Le gameplay reste fidèle au tour par tour classique qui a fait la renommée de la série, mais il gagne ici une réactivité salvatrice grâce à l’optimisation sur console. Les menus sont plus ergonomiques et la navigation dans l’inventaire ne ressemble plus à un parcours du combattant, ce qui rend l’expérience globale extrêmement agréable à jouer. On sent que les développeurs ont cherché à réduire les frictions inutiles, permettant de se concentrer sur la stratégie lors des combats de boss, qui demandent toujours une gestion fine des buffs et des soins pour triompher des menaces les plus coriaces.

L’un des plus grands défis de cet opus était son rythme, souvent critiqué par le passé pour sa lenteur excessive au démarrage. Cette version Reimagined parvient à dynamiser l’introduction et les phases d’exploration sans pour autant sacrifier la profondeur de l’écriture. Le système de vocations a également été revu pour offrir une progression plus gratifiante et moins répétitive, permettant aux joueurs de personnaliser leur équipe avec une liberté accrue. On prend un plaisir sincère à voir nos héros évoluer et maîtriser des techniques spectaculaires qui remplissent l’écran d’effets visuels saisissants.
L’aspect narratif demeure le point fort incontesté du titre, avec ces micro-récits tragiques ou héroïques qui composent la trame globale. Chaque île visitée fonctionne comme un conte indépendant, traitant de thématiques humaines profondes, ce qui crée un lien émotionnel fort avec les habitants virtuels que l’on secoure. Le sentiment d’accomplissement lorsque l’on voit une terre réapparaître dans le présent après nos actions dans le passé est toujours aussi puissant, renforçant cet aspect « bâtisseur de monde » qui rend Dragon Quest VII si unique dans le paysage des RPG.

Sur le plan de l’optimisation Xbox, le Quick Resume change radicalement la façon d’aborder un jeu aussi massif. Pouvoir reprendre sa partie instantanément là où on l’avait laissée permet de savourer l’aventure par petites sessions, ce qui atténue la sensation d’épuisement face à la durée de vie colossale du titre. Les temps de chargement sont devenus quasi inexistants, transformant les transitions entre la carte du monde et les zones de combat en simples battements de cils, un luxe dont on ne peut plus se passer une fois goûté.
Cependant, malgré toutes ces améliorations, le jeu conserve une certaine rigidité héritée de ses racines, notamment dans la structure répétitive de certains donjons. Si les énigmes ont été légèrement retravaillées, certaines phases peuvent encore sembler un peu laborieuses pour les néophytes du genre. Le titre demande un investissement temporel conséquent et une patience que tout le monde n’aura pas, même si les efforts de modernisation font tout pour nous maintenir engagés. C’est un jeu qui se déguste sur la durée, une longue marche épique plutôt qu’un sprint effréné.
Dragon Quest VII: Reimagined s’impose comme la version définitive d’un chef-d’œuvre parfois mal-aimé. En combinant la nostalgie d’un récit intemporel avec le confort des technologies actuelles, Square Enix livre une expérience solide, riche et profondément humaine. Sur Xbox Series X, le titre brille par sa stabilité et sa beauté, prouvant que le classicisme, lorsqu’il est exécuté avec autant de respect et de modernité, n’a rien perdu de sa pertinence en 2026.
J’aime
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Le rendu visuel somptueux en 4K sur Xbox Series X qui sublime le style de Toriyama.
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L’ergonomie des menus et la rapidité des combats qui rendent le jeu très agréable.
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La richesse incroyable du scénario découpé en petites histoires mémorables.
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Le système de classes revu qui offre une personnalisation plus souple et motivante.
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L’absence quasi totale de temps de chargement grâce au SSD.
J’aime pas
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La structure globale qui reste répétitive sur le long terme (schéma : passé puis présent).
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Certains donjons encore un peu labyrinthiques et longs malgré les ajustements.
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Le rythme qui, bien qu’accéléré, peut encore décourager les joueurs les plus pressés.
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La difficulté qui fait parfois des pics brutaux sans prévenir.

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