Si vous avez déjà rêvé d’un croisement improbable entre la narration intimiste de Firewatch et l’ambiance surnaturelle de Stranger Things, Radiolight est sans doute la pépite indé que vous attendiez sur Steam. Développé par un seul homme, ce thriller narratif nous plonge dans les années 80, une époque où les talkies-walkies étaient nos seules bouées de sauvetage et où les forêts cachaient bien plus que des animaux sauvages.
Dès les premières minutes à Ashwood Creek, le ton est donné. On incarne Ethan, un ancien flic au passé trouble, rappelé à l’ordre par une disparition inquiétante. Loin d’être un simple « walking simulator » contemplatif, le jeu installe immédiatement une lourdeur atmosphérique qui prend aux tripes. La force de Radiolight ne réside pas dans des « jump scares » faciles, mais dans une tension psychologique permanente. Le travail sur le sound design est tout bonnement magistral : le craquement des branches, le souffle du vent et cette bande-son synthwave lancinante construisent un écrin sonore qui rend l’expérience incroyablement immersive, surtout au casque.
Côté gameplay, le titre repose sur une mécanique centrale astucieuse : l’utilisation de la radio. Elle ne sert pas uniquement à communiquer avec Robert, votre ancien collègue (dont le doublage est d’ailleurs excellent, créant une dynamique de duo très crédible), mais devient un véritable outil de gameplay. Il faut scanner des fréquences pour dévoiler des échos du passé ou ouvrir des passages, transformant l’objet en une sorte de boussole surnaturelle. C’est simple, mais cela suffit à briser la monotonie de la marche. L’aventure est linéaire, certes, mais le rythme est maîtrisé de bout en bout. On se sent vulnérable, armé seulement d’une lampe torche face à des ombres menaçantes, ce qui renforce ce sentiment d’être une proie plutôt qu’un chasseur.
Il faut tout de même garder à l’esprit que nous sommes face à une production modeste. Si la direction artistique aux néons et aux brumes volumétriques cache habilement la misère, certaines animations restent rigides et quelques textures bavent un peu de près. Cependant, ces petits défauts techniques s’effacent vite devant la générosité de la narration. Le scénario, bien que classique dans sa structure « enquête paranormale », est porté par une écriture sincère et des rebondissements qui maintiennent l’intérêt jusqu’au générique de fin.
C’est une expérience courte, condensée, mais qui ne dilue jamais son propos. Une véritable lettre d’amour au fantastique des années 80 qui prouve qu’un développeur solo peut rivaliser avec les studios établis sur le terrain de l’émotion et de l’ambiance.
J’AIME
-
Une ambiance années 80 (visuelle et sonore) « très prenante » et absolument maîtrisée.
-
Le duo Ethan/Robert fonctionne à merveille grâce à un doublage convaincant.
-
La mécanique de la radio qui apporte une vraie plus-value au gameplay.
-
Pas de surenchère de gore, tout est dans la suggestion et l’angoisse.
-
Le sound design qui fait 50% du travail d’immersion.
J’AIME PAS
-
L’aventure est courte (comptez environ 3 à 4 heures).
-
Quelques rigidités dans les animations et des petits bugs de collision.
-
Une fin qui divisera peut-être ceux qui aiment les réponses concrètes.
-
Un début un tout petit peu lent à se mettre en place.
NOTE FINALE : 16/20
La démo et le jeu sont par ici :
https://store.steampowered.com/app/1342690/Radiolight/

No responses yet