C’est une prise de risque audacieuse de la part du RGG Studio : proposer une démo qui occulte totalement la star de la jaquette, Kiryu Kazuma, pour nous jeter dans le costume trois-pièces impeccable de Yoshitaka Mine. Après avoir retourné le segment Dark Ties dans tous les sens sur PS5, le constat est sans appel : ce qui ne devait être qu’un bonus narratif s’impose comme une masterclass de mise en scène et de brutalité froide. Si Kiwami 3 est la promesse d’une restauration, Dark Ties en est la véritable révolution, offrant une perspective inédite sur la hiérarchie du clan Tojo à la fin des années 2000.

Visuellement, le Dragon Engine crache ses tripes et le résultat est somptueux. L’ambiance n’est pas celle, chaleureuse et saturée, d’Okinawa, mais celle glaciale et électrique des bas-fonds corporatistes de Kamurocho et des bureaux feutrés du Clan Hakuho. Les jeux de lumière sur les textures de vêtements, la pluie battante sur le bitume et les reflets néons sur les vitres des gratte-ciels affichent un rendu « next-gen » très convaincant. La modélisation de Mine est effrayante de réalisme, capturant la moindre micro-expression de dédain ou de rage contenue. La fluidité est impériale, ne souffrant d’aucune chute de framerate même lorsque les particules et les billets de banque volent à l’écran lors des « Heat Actions ».

Manette en main, c’est là que Dark Ties frappe le plus fort. Oubliez le style de rue un peu brouillon de Kiryu ; Mine se joue comme un chirurgien. Son style de combat, mélangeant kickboxing et techniques d’interception, offre un feeling « lourd » mais incroyablement rapide. On ressent chaque impact. Le système de parade, spécifique à ce personnage, demande un timing serré mais récompense le joueur par des contre-attaques dévastatrices qui brisent la garde adverse instantanément. C’est jouissif, technique, et cela change radicalement la façon d’appréhender les groupes d’ennemis. Plutôt que de foncer dans le tas, on attend, on analyse, et on punit. La narration environnementale de cette portion joue aussi sur la dualité de Mine : un homme d’affaires le jour, un monstre la nuit. Cette courte session de jeu réussit l’exploit de nous rendre empathique envers un personnage complexe, torturé par sa quête de lien et de reconnaissance, le tout servi par un doublage japonais d’une intensité rare.

Si le reste de Yakuza Kiwami 3 est à la hauteur de ce segment Dark Ties, nous tenons là bien plus qu’un simple remake. Cette démo prouve que le studio est capable de se renouveler en exploitant son lore existant. On ressort de cette session avec une seule envie : connaître la suite de l’ascension (et de la chute) de Mine, et voir comment cette trame sombre va s’imbriquer avec l’histoire lumineuse de l’orphelinat Morning Glory.


J’aime

  • Le charisme absolu de Yoshitaka Mine, enfin jouable et parfaitement écrit.

  • Un gameplay « Kickboxing » technique, basé sur le contre et la précision.

  • L’ambiance « Yakuza en col blanc », plus sombre et cynique que d’habitude.

  • La réalisation technique sans faille (éclairages, visages, 60fps béton).

  • La violence sèche des Heat Actions, fidèles à la personnalité de Mine.

J’aime pas

  • Une zone de jeu un peu restreinte dans cette démo (beaucoup d’intérieurs).

  • La caméra a encore un peu de mal dans les couloirs étroits.

  • On craint que ce mode ne soit trop court dans la version finale tant il est bon.

Note provisoire : 18/20

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