Dans un paysage vidéoludique saturé par les simulations de vie et autres « cozy games », il devient difficile de tirer son épingle du jeu sans ressembler à un clone de Travellers Rest ou Tavern Master. C’est pourtant le pari que tente Evergreen Tavern, développé par Null Moon Games. Après avoir poncé cette démo, le constat est rassurant : derrière ses airs d’énième simulation d’aubergiste se cache un hybride surprenant qui mélange la gestion pure et dure avec une touche d’exploration souterraine bienvenue.
Dès les premières minutes, la direction artistique nous attrape par le col, non pas par une débauche technique, mais par une ambiance « low poly » chaleureuse et une palette de couleurs qui respire la tranquillité. L’immersion à la première personne fonctionne parfaitement pour ce type de gameplay : on se sent véritablement propriétaire des lieux. La boucle de jeu, bien que classique sur le papier — servir des chopes, nettoyer les tables et gérer les stocks —, gagne en profondeur grâce à l’intégration intelligente de l’agriculture et de la cuisine. On ne se contente pas d’acheter des ressources, on cultive son potager pour préparer des plats plus complexes, créant un sentiment d’accomplissement très satisfaisant lorsque le service bat son plein.

Mais là où le titre surprend et justifie son existence, c’est dans sa verticalité. Votre taverne n’est pas qu’un lieu de débit de boissons, c’est aussi la porte d’entrée vers des donjons générés de manière procédurale. Cette mécanique brise la monotonie inhérente au genre : quand le service devient routinier, on descend au sous-sol pour looter des ingrédients rares ou, idée de génie, recruter des monstres pour en faire du personnel. C’est audacieux et cela ajoute une couche de « risk/reward » intéressante. Cependant, statut de démo oblige, tout n’est pas rose. L’interface utilisateur (UI) manque encore cruellement de finition et d’ergonomie, rendant la gestion des menus parfois laborieuse, et quelques bugs de collision ou de disparition d’objets viennent parfois ternir l’expérience. La physique des objets, bien que rigolote, peut aussi se montrer capricieuse lors du placement des décorations.

Au final, cette démo d’Evergreen Tavern est une promesse alléchante. Elle pose les fondations d’un jeu qui a compris que la « cozy simulation » avait besoin d’un peu plus d’aventure pour ne pas endormir le joueur. Si les développeurs parviennent à polir la technique et à approfondir les interactions avec le personnel monstrueux d’ici la sortie finale, nous tenons là un très sérieux client pour les amateurs du genre. C’est brut de décoffrage, mais le charme opère indéniablement.
J’AIME
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Le mélange audacieux entre gestion de taverne et exploration de donjons.
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L’ambiance visuelle et sonore très « chill » et immersive.
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Le système de recrutement de monstres comme employés, original.
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La gestion complète, de la graine plantée au plat servi.
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La vue à la première personne qui renforce l’immersion.
J’AIME PAS
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L’interface utilisateur (UI) encore brouillonne et peu intuitive.
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Quelques bugs techniques (collisions, objets qui disparaissent).
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Le système de placement des meubles parfois frustrant.
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Des explications un peu légères sur certaines mécaniques avancées.

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