Le genre de la survie en réalité virtuelle est une jungle dense où beaucoup de titres tentent de s’imposer, mais peu réussissent à marquer leur territoire durablement. Avec Neolithic Dawn, le studio Neolithic LLC nous promet un voyage sans retour vers 10 000 av. J.-C., à l’aube de la civilisation nord-américaine. Sur le papier, le contrat est alléchant : un monde ouvert, une physique réaliste et un système de mort permanente générationnelle. Après avoir arpenté les toundras glacées et les forêts denses casque vissé sur la tête via le Meta Quest 3S, le constat est celui d’une promesse immense, partiellement tenue mais cruellement freinée par une technique encore balbutiante.

L’immersion est le maître-mot de cette expérience qui se veut « diegetic » au possible. Ici, oubliez les menus envahissants pour le crafting ; tout se fait à la main. Vous devez physiquement frapper deux pierres l’une contre l’autre pour obtenir un éclat tranchant, ou attacher manuellement une lame à un bâton pour créer votre première lance. Cette approche, bien que gratifiante lorsqu’elle fonctionne, souffre d’une exécution parfois capricieuse. La détection des collisions manque de la précision chirurgicale requise pour ce type de gameplay, transformant parfois une simple session de taille de silex en un combat frustrant contre la physique du jeu. Sur le Quest 3S, les contrôleurs Touch Plus répondent bien, mais le jeu semble parfois peiner à suivre la cadence de vos mouvements, créant un décalage qui brise cette immersion pourtant si chèrement recherchée.

L’originalité majeure du titre réside dans son système de « permadeath » dynastique. Mourir dans Neolithic Dawn n’est pas une fin, mais une transition. Vous ne rechargez pas une sauvegarde ; vous incarnez votre descendant, des années plus tard, dans un monde qui a évolué. Vos structures sont toujours là, vieillies par le temps, et votre inventaire précédent est une relique à reconquérir. C’est une idée brillante qui donne un poids réel à chaque décision et à chaque prise de risque face à la faune sauvage. Parlant de faune, la possibilité de dompter n’importe quel animal, du loup au mammouth, offre des moments de bravoure épiques, même si l’intelligence artificielle des bêtes oscille souvent entre le prédateur implacable et le bug errant qui tourne en rond contre un arbre.

Visuellement, le titre souffle le chaud et le froid. Sur un casque autonome comme le Meta Quest 3S, le rendu est inégal. Si la direction artistique parvient à capturer la mélancolie sauvage des paysages préhistoriques, la résolution des textures et la complexité géométrique sont souvent revues à la baisse, résultant en un aliasing prononcé et un effet de flou sur les objets lointains. On sent que le moteur Unity est poussé dans ses retranchements pour gérer ces vastes cartes ouvertes sans temps de chargement. L’ambiance sonore rattrape heureusement le coup avec des bruitages naturels convaincants qui participent grandement au sentiment d’isolement, même si le multijoueur coopératif jusqu’à quatre vient agréablement briser cette solitude pour ceux qui préfèrent chasser en meute.

Neolithic Dawn est un diamant brut, très brut. Il possède une âme et des mécaniques audacieuses que l’on aimerait voir plus souvent dans les productions VR standardisées. Cependant, il demande au joueur une certaine tolérance face aux bugs, aux approximations physiques et à une interface invisible qui n’est pas toujours intuitive. C’est une aventure qui se mérite et qui plaira davantage aux amateurs de simulation hardcore prêts à passer outre les errances techniques pour vivre leur propre épopée primitive, plutôt qu’aux joueurs cherchant une expérience « arcade » immédiate et polie.

Ce qu’on aime :

  • Le système de mort générationnelle qui donne un vrai sens à la survie.
  • Le crafting entièrement physique et manuel, très immersif quand il fonctionne.
  • La possibilité de dompter quasiment toutes les créatures du jeu.
  • La coopération jusqu’à 4 joueurs qui change la dynamique de l’aventure.
  • Une ambiance sonore et une atmosphère « seul au monde » réussies.
  • La taille généreuse des 5 cartes ouvertes.

Ce qu’on n’aime pas :

  • Une technique encore trop friable (bugs de collision, objets flottants).
  • Visuellement baveux et aliasé sur casque autonome (Quest 3S).
  • L’IA des animaux parfois aux fraises.
  • Une prise en main initiale laborieuse et un tutoriel qui manque de clarté.
  • L’inventaire physique (sac à dos) parfois pénible à manipuler dans le feu de l’action.

NOTE FINALE : 12/20

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