Après nous avoir laissés pour morts dans l’enfer vert de l’Amazonie avec Green Hell, le studio polonais Creepy Jar change radicalement d’ambiance mais conserve son ADN masochiste. Avec StarRupture, on troque la machette contre une foreuse industrielle et les sangsues contre des hordes d’insectoïdes extraterrestres. J’ai passé plusieurs heures à poncer le titre sur Steam pour voir si ce mélange audacieux entre survie hardcore, construction de base et tower defense tient la route.

Dès les premières minutes sur Arcadia-7, la patte technique du studio saute aux yeux. Visuellement, le titre est une réussite indéniable, exploitant l’Unreal Engine pour offrir des panoramas de science-fiction saisissants, où la beauté des biomes étranges contraste avec la menace constante des cataclysmes. Le concept central repose sur une boucle de gameplay hybride : vous devez gérer vos besoins physiologiques (faim, soif, oxygène) tout en mettant sur pied une chaîne de production industrielle complexe. Contrairement à un Satisfactory où l’usine est reine, ici, l’environnement cherche activement à vous tuer. La transition entre la récolte manuelle et l’automatisation se fait de manière fluide, bien que la courbe d’apprentissage soit un peu abrupte pour ceux qui n’ont jamais touché à un jeu de logistique.

Là où StarRupture tente de se démarquer de la concurrence, c’est dans sa gestion du transport et de la verticalité. Oubliez les tapis roulants classiques collés au sol ; le jeu mise énormément sur un système de monorails et de transports aériens pour acheminer les ressources. C’est visuellement gratifiant de voir son réseau s’étendre au-dessus des canyons, mais la construction souffre encore de quelques rigidités. Le système de stabilité des bâtiments est parfois capricieux, rendant certaines architectures frustrantes à réaliser sans raison apparente. On sent que le moteur physique veut bien faire, mais il finit parfois par brider la créativité pure au profit d’un « réalisme » structurel qui n’a pas toujours sa place dans un jeu d’automatisation.

L’aspect combat et défense de base apporte une tension bienvenue qui brise la monotonie de l’optimisation des usines. Les vagues d’ennemis, déclenchées par la fameuse « Rupture » – un cycle de catastrophe planétaire – vous obligent à penser votre base comme une forteresse. Le feeling des armes est correct, sans être transcendant (on reste sur du FPS utilitaire), mais c’est la synergie entre vos défenses automatisées et votre propre puissance de feu qui rend les affrontements jouissifs. Cependant, en solo, la charge mentale peut vite devenir écrasante entre la maintenance des machines, la survie personnelle et la défense. Le jeu prend clairement tout son sens en coopération, où la répartition des tâches (un bâtisseur, un soldat, un explorateur) fluidifie considérablement l’expérience.

En l’état actuel de l’Early Access, StarRupture est une fondation extrêmement solide mais qui manque encore un peu de finition sur l’interface utilisateur. La lecture des ratios de production et de consommation n’est pas toujours claire, ce qui fera grincer des dents les puristes de l’optimisation mathématique. De plus, l’optimisation technique, bien que correcte, subit quelques chutes de framerate notables lorsque la base atteint une taille critique ou lors des vagues massives d’ennemis. Néanmoins, connaissant le suivi exemplaire dont a bénéficié Green Hell, on peut être confiant sur l’avenir du titre. C’est une expérience prenante, stressante et gratifiante qui réussit le pari de fusionner deux genres pourtant très exigeants.

J’aime

  • L’ambiance visuelle d’Arcadia-7, à la fois sublime et oppressante.

  • Le mélange réussi entre survie (besoins vitaux) et automatisation industrielle.

  • Le système de monorails qui donne un look unique aux usines.

  • La tension réelle lors des phases de « Rupture » et de défense de base.

  • La coopération jusqu’à 4 joueurs qui change complètement la dynamique.

  • Le prix de lancement très honnête pour le contenu proposé.

J’aime pas

  • Le système de construction parfois rigide (gestion de la stabilité frustrante).

  • L’interface utilisateur manque de clarté sur les statistiques de production (ratios).

  • Quelques chutes de framerate quand l’écran est chargé.

  • L’expérience solo peut être punitive et décourageante au début.

  • L’IA des ennemis parfois un peu basique (foncent dans le tas).

Note finale : 16/20

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