C’est le rêve inavoué de quiconque a déjà zappé sur la TNT un dimanche après-midi : crier « YUUUP ! » à pleins poumons pour acheter un box poussiéreux à 500 dollars, en espérant y trouver une Rolex cachée dans une vieille chaussette. Storage Hunter Simulator nous promet cette ivresse du pari et de la revente. Après une vingtaine d’heures à écumer les zones industrielles et à jouer à Tetris dans le coffre de mon pickup, voici mon verdict.

L’Adrénaline du « Bid » (Enchère)
Le cœur du jeu repose sur une boucle de gameplay simple mais diablement efficace, directement inspirée des émissions comme Storage Wars. Vous commencez avec une poignée de dollars, une tablette et un véhicule. Le rituel est immuable : se rendre sur les lieux des enchères, attendre que le rideau de fer se lève, et scanner visuellement le contenu du box en quelques secondes.
C’est là que le jeu brille le plus. Il faut estimer la valeur des objets visibles (meubles, cartons, électroménager) pour deviner si les piles de déchets au fond cachent un trésor. L’IA des enchérisseurs rivaux n’est pas révolutionnaire, mais elle fait le travail pour faire monter la pression. Remporter un box procure ce petit « rush » de dopamine, surtout quand on découvre un objet légendaire (une guitare rare, une antiquité) une fois la propriété acquise.

De la déchetterie à l’Empire du prêteur sur gages
Une fois le box gagné, le jeu change de visage et bascule dans la simulation logistique. Oubliez l’ellipse temporelle de la télé : ici, il faut vider le box à la main. Le système de chargement du camion utilise une physique parfois capricieuse mais amusante. On se retrouve à optimiser chaque centimètre carré du coffre pour éviter les allers-retours coûteux en carburant.
La partie « gestion » s’étoffe au fil de la progression. On ne se contente pas de vendre à la sauvette ; on développe son propre « Pawn Shop » (prêteur sur gages). Il faut réparer les objets abîmés, les expertiser avec des outils qui s’améliorent via un arbre de compétences, et marchander avec les clients. Cette boucle Enchère > Tri > Réparation > Revente est hypnotique. On se dit « allez, juste un dernier box », et trois heures ont passé.

Une technique encore en friche
Cependant, on sent l’Accès Anticipé. Si l’Unreal Engine offre des éclairages corrects, l’optimisation n’est pas encore au rendez-vous. J’ai rencontré des chutes de framerate inexplicables dans des zones peu chargées. Plus gênant, la physique « ragdoll » des objets peut transformer une séance de chargement zen en crise de nerfs : un carton qui décide de propulser votre camion en orbite ou un objet précieux qui passe à travers le sol, c’est rageant.
L’interface (UI) manque aussi de finition. La navigation dans les menus de vente est parfois laborieuse, et l’absence de véritable interaction sociale ou de scénarisation avec les rivaux rend le monde un peu vide. On aurait aimé des concurrents avec de vraies personnalités, des dialogues cinglants, un peu de « drama » comme à la télé.

Storage Hunter Simulator tient une excellente base. Il capture parfaitement l’essence de la chasse au trésor moderne. C’est un jeu « doudou », parfait pour écouter un podcast en jouant, qui satisfait nos pulsions capitalistes primaires. Mais pour devenir une référence incontournable, il devra impérativement polir sa technique et enrichir son aspect « vie » (PNJ, événements aléatoires) pour briser la répétitivité qui s’installe après 15-20 heures.
Ce que j’ai aimé
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La boucle de gameplay « risque/récompense » très addictive.
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Le plaisir coupable de découvrir un objet « Légendaire » dans un tas d’ordures.
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La gestion physique du chargement du camion (un vrai puzzle-game).
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L’évolution vers la gestion de sa propre boutique et les compétences à débloquer.
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Une ambiance sonore et visuelle « chill », relaxante.
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La variété des objets à trouver (des milliers de références).
Ce que je n’ai pas aimé
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Des bugs de physique parfois frustrants (objets qui volent ou disparaissent).
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L’aspect répétitif qui s’installe une fois la boutique bien établie.
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Les « rivaux » sont des robots sans âme : aucune interaction verbale ou rivalité scénarisée.
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L’optimisation technique à revoir (chutes de FPS, clipping).
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La conduite du véhicule, très arcade et flottante.

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