C’est un rendez-vous que les fans de la première heure ne manquent jamais. Pour le 20ème anniversaire de la franchise Mystery Case Files (MCF), GrandMA Studios nous ramène là où tout a commencé : le manoir Ravenhearst. Après des détours plus ou moins inspirés ces dernières années, ce 28ème épisode, The House That Love Built, promet de conclure l’arc de la « Nouvelle Timeline » entamé avec The Dalimar Legacy. Alors, simple trip nostalgique ou véritable chef-d’œuvre du point-and-click moderne ? J’ai enfilé mon imperméable de Maître Détective et j’ai plongé dans les souterrains de l’agence pour vous livrer mon verdict.

Retour aux sources du mal

L’histoire reprend sur les chapeaux de roues. Evelyn Ravenhearst nous appelle en panique : l’esprit de la maléfique Angelica Morgan partage toujours son corps et cherche à déterrer un secret enfoui… littéralement sous les fondations de l’agence MCF.

Le scénario est clairement le point fort de cet opus. Là où certains titres précédents s’éparpillaient, House That Love Built resserre l’intrigue autour du trio iconique : Evelyn, Angelica et l’ombre toujours présente de Charles Dalimar. L’écriture est mature, jouant habilement sur la dualité psychologique d’Evelyn. On sent que les scénaristes ont voulu récompenser la fidélité des joueurs avec des révélations concrètes sur le passé de Dalimar et l’asile. C’est du fan-service, oui, mais du fan-service intelligent.

Un gameplay rodé, signé GrandMA Studios

Si vous avez touché à un MCF récent, vous savez que GrandMA Studios est actuellement le roi technique du genre. Visuellement, le jeu est une claque. Les décors sont d’une netteté absolue (même en 4K), avec une palette de couleurs qui mélange le gothique victorien et des touches néon-surréalistes propres aux délires de Dalimar.

Côté gameplay, la formule ne change pas mais se perfectionne. Les scènes d’objets cachés (SOC) sont variées : listes de mots, silhouettes, objets morphing, et interactions multiples. On est loin du « clic-clic » bête et méchant d’il y a dix ans. Le jeu intègre ce que le studio fait de mieux : les « Rube Goldberg puzzles », ces mécanismes complexes où une action en entraîne une autre.

J’ai particulièrement apprécié l’utilisation des gadgets. Le Maître Détective n’est pas seul ; l’aide ponctuelle des agents Isabella Drake et Leo Harrison apporte un peu de dynamisme, même si cela reste scripté.

Une conclusion douce-amère ?

Si l’aventure est palpitante, elle n’est pas exempte de défauts. Le principal reproche que l’on peut faire, c’est cette sensation de « déjà-vu ». Ravenhearst est un lieu mythique, certes, mais après Return to, Escape from, Key to et Ravenhearst Unlocked, l’effet de surprise s’estompe. On parcourt des lieux qui, bien que redessinés, rappellent inévitablement des décors traversés mille fois.

De plus, la difficulté m’a semblé légèrement revue à la baisse par rapport à l’âge d’or de la série (l’époque Madame Fate). Les énigmes sont logiques, fluides, mais bloqueront rarement un habitué plus de cinq minutes.

Mystery Case Files: House That Love Built est un excellent millésime. Il ne révolutionne pas la roue, mais il la fait tourner avec une huile de très haute qualité. C’est un hommage vibrant à 20 ans d’enquêtes, techniquement irréprochable et narrativement satisfaisant pour quiconque suit la saga Dalimar. Si vous découvrez la série, vous serez peut-être perdu dans le lore, mais pour les vétérans, c’est un « must-have ».

J’aime

  • La réalisation technique impeccable (graphismes, animations fluides).
  • La conclusion satisfaisante de l’arc narratif « New Timeline ».
  • Les « Super Puzzles » mécaniques, toujours un régal à résoudre.
  • L’ambiance sonore et le doublage (Voice Acting) très convaincants.
  • Le rythme soutenu, sans temps morts ni allers-retours inutiles.
  • Le chapitre bonus qui apporte une vraie plus-value historique sur Emma.

J’aime pas

  • Encore et toujours Ravenhearst… l’overdose n’est pas loin.
  • Durée de vie un peu courte (environ 4h pour l’histoire principale en mode normal).
  • Quelques scènes d’objets cachés manquent d’originalité.
  • Prix de l’édition Collector un peu élevé hors soldes Steam.
  • Moins difficile que les anciens épisodes (Eipix/Big Fish).

NOTE FINALE : 16/20

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