Disponible depuis le 27 novembre 2025, The Last Case of John Morley nous promet une plongée en apnée dans le Londres des années 40. Développé par les espagnols d’Indigo Studios et édité par JanduSoft, ce thriller narratif à la première personne tente de marcher sur les plates-bandes de Sherlock Holmes avec une touche de L.A. Noire. Après avoir poncé l’enquête sur Steam et sur PS5, voici notre verdict sur cette dernière affaire qui sent le tabac froid et les secrets de famille.

Le Pitch : Retour aux affaires

John Morley n’est pas au mieux de sa forme. Détective privé usé, il sort tout juste de l’hôpital après une affaire qui a mal tourné. Mais le repos est de courte durée. Lady Margarette Fordside, une aristocrate au regard hanté, frappe à sa porte. Sa demande ? Rouvrir le dossier du meurtre de sa fille, survenu 20 ans plus tôt au Manoir Bloomsbury. La police a arrêté des coupables idéaux à l’époque, mais la mère est convaincue que le vrai tueur court toujours.

C’est là que vous intervenez. Le jeu se présente comme une aventure narrative en vue subjective (First Person Investigation). Ne vous attendez pas à de l’action débridée ; ici, on marche, on observe et on déduit. Le scénario est clairement le point fort du titre. L’écriture respecte les codes du film noir : voix off désabusée, jazz mélancolique en fond sonore et rebondissements psychologiques. L’ambiance « années 40 » est palpable, bien aidée par une direction artistique soignée, bien que techniquement modeste.

Gameplay : Élémentaire, mais rigide

Le cœur du jeu repose sur la fouille minutieuse de décors (le manoir, un sanatorium abandonné, etc.). Le gameplay alterne entre exploration, recherche d’indices et une mécanique de reconstruction de scène de crime.

Cette dernière est visuellement intéressante : en rassemblant suffisamment de preuves, Morley peut visualiser le passé (représenté par des silhouettes spectrales verdâtres) pour comprendre la chronologie du meurtre. C’est satisfaisant, même si cela reste très dirigiste. On est plus proche d’un The Vanishing of Ethan Carter en mode détective que d’un Return of the Obra Dinn.

Les énigmes (puzzles) sont classiques : trouver une clé, déchiffrer un code, associer des objets. Rien qui ne fera fondre vos neurones, mais cela rythme bien les 3 à 4 heures nécessaires pour boucler l’aventure. C’est court, mais pour un titre indé à petit prix, le rythme est tenu.

Comparatif : PC (Steam) vs PS5

Ayant parcouru les ruelles sombres de Londres sur les deux supports, voici les différences notables pour vous aider à choisir.

Version PC (Steam) : La précision du détective

C’est, à mon sens, la version la plus confortable pour ce type de jeu.

  • Maniabilité : Le couple Clavier/Souris est imbattable pour le « pixel hunting ». Fouiller un bureau rempli de documents est bien plus naturel et rapide à la souris qu’au stick analogique.

  • Technique : Sur une bonne configuration, le jeu tourne en 4K natif sans sourciller. Les textures des documents (lettres, journaux) sont parfaitement lisibles.

  • Steam Deck : Le jeu est étonnamment bien optimisé pour la portable de Valve, idéal pour une session enquête au fond du lit.

Version PS5 : L’ambiance avant tout

La version console ne démérite pas mais souffre des limites du genre au pad.

  • Immersion : Jouer sur un grand écran TV (surtout OLED pour les noirs profonds de l’ambiance « Noir ») donne une dimension cinématographique supérieure. L’ambiance sonore y gagne aussi si vous avez un bon Home Cinema.

  • Contrôles : C’est là que le bât blesse légèrement. Déplacer le curseur d’interaction avec le stick pour cibler un petit objet sur une étagère peut être agaçant. On sent une certaine lourdeur dans la caméra que la version PC n’a pas.

  • DualSense : L’utilisation de la manette est assez basique. Quelques vibrations pour l’ambiance, mais ne vous attendez pas à ressentir le déclic des serrures dans les gâchettes adaptatives.

Verdict du comparatif : Avantage PC pour le confort de jeu, avantage PS5 si vous privilégiez l’ambiance cinématographique dans votre canapé.

The Last Case of John Morley est un bon petit « snack » pour les amateurs de polar. Il ne révolutionne pas le genre et souffre d’un manque de finition technique propre aux petites productions, mais il compense par une âme véritable et une direction artistique maîtrisée. Si vous cherchez un Sherlock Holmes « light » pour occuper une soirée pluvieuse, c’est un bon candidat. Si vous attendez une enquête complexe et systémique, passez votre chemin.

Ce qu’on aime 

  • L’ambiance Film Noir : Une atmosphère lourde, mélancolique et très réussie. On s’y croit.

  • La narration : L’histoire tient en haleine jusqu’au dénouement final (plutôt surprenant).

  • La reconstruction de scènes : Voir le crime se dérouler sous nos yeux après avoir peiné à trouver les indices est gratifiant.

  • La bande-son : Des thèmes jazz discrets mais efficaces qui soulignent parfaitement la solitude du détective.

  • Le prix : Une expérience honnête pour un tarif réduit (autour de 15€).

Ce qu’on n’aime pas 

  • Durée de vie très courte : 3 heures environ, c’est vite plié, même pour un indé.

  • Rigidité technique : Les animations sont datées et le moteur (bien que joli par moments) montre ses limites dans les interactions physiques.

  • La localisation : Quelques soucis de traduction dans les sous-titres français qui cassent parfois l’immersion (coquilles, phrases mal tournées).

  • Le mixage audio : Les voix sont parfois étouffées par la musique, obligeant à jouer avec les réglages.

  • Linéarité : On a l’illusion de l’enquête, mais le jeu nous tient beaucoup par la main. Peu de place à l’erreur.

Note Finale : 14/20

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Jeux Vidéo|Test

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