Sorti tout droit de l’imagination du studio indépendant The Dude Games, Dinopunk: The Cacops Adventure se présente comme une lettre d’amour aux années 90, à l’époque bénie des salles d’arcade et des mascottes animales cool. Avec son dinosaure à casquette, ses ninjas et son pixel art chatoyant, le titre promet un voyage rétro immédiat. Mais une fois la manette en main (ou le clavier, puisque nous sommes sur Steam), la magie opère-t-elle vraiment ou n’est-ce qu’un fossile de plus ? Verdict après quelques heures à arroser des ennemis.

Un pitch qui sent bon le samedi matin devant la télé
L’histoire tient sur un post-it, comme à la grande époque : vous incarnez Cacops, un petit dinosaure amphibien adorable mais déterminé, qui se fait voler son œuf par une bande de méchants ninjas dirigés par le redoutable King-T. Pas besoin de plus pour lancer notre héros à travers une série de niveaux en 2D à défilement horizontal. L’ambiance est clairement le point fort du jeu : c’est coloré, référencé (des clins d’œil aux Tortues Ninja, à Wonder Boy ou Alex Kidd pleuvent) et la bande-son chiptune accompagne l’action avec une énergie communicative. On sourit souvent devant le design des ennemis et l’absurdité assumée de l’univers.
Le pistolet à eau : fausse bonne idée ou coup de génie ?
Le cœur du gameplay repose sur une mécanique originale : votre arme principale est un pistolet à eau. Contrairement à un Contra où l’on tire à l’infini, ici, la gestion des munitions est vitale. Vous devez régulièrement trouver des sources d’eau pour recharger, ce qui impose un petit rythme stratégique plutôt bienvenu qui évite le « run & gun » décérébré.

Cependant, c’est dans l’exécution que le bât blesse parfois. Le jeu souffre d’une certaine lourdeur dans les déplacements. Là où l’on s’attendrait à la nervosité d’un Sonic ou à la précision d’un Mario, Cacops se traîne un peu. Le rythme global est étrangement lent par rapport à la musique qui, elle, s’emballe. Les sauts manquent parfois de ce « moelleux » qui rend la plateforme agréable, et certaines collisions (hitbox) peuvent sembler un peu injustes, transformant une session de détente en un moment de frustration typiquement « old-school », mais pas toujours pour les bonnes raisons.

Variété et hommage à la « California Games »
Heureusement, Dinopunk a la bonne idée de varier les plaisirs. Au-delà de la plateforme pure, le jeu intègre des séquences de surf qui rappellent immédiatement California Games. Ces mini-jeux sont une bouffée d’air frais et s’intègrent parfaitement à l’ambiance « cool attitude » du titre. Les combats de boss, quant à eux, sont gigantesques et demandent d’apprendre des patterns par cœur. Ils sont visuellement impressionnants, bien que parfois un peu longs à tomber compte tenu de la puissance de notre petit jet d’eau.
Dinopunk: The Cacops Adventure est un titre sympathique qui s’adresse avant tout aux nostalgiques et aux amoureux du pixel art soigné. Il ne révolutionne pas le genre et traîne quelques casseroles de gameplay (rigidité, rythme inégal) qui l’empêchent de se hisser au niveau des ténors comme Shovel Knight. C’est une petite friandise rétro, agréable le temps d’un après-midi pluvieux, mais qui risque de ne pas marquer les mémoires sur le long terme.
Ce qu’on aime (Les Plus)
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La direction artistique : Un pixel art vraiment charmant, coloré et lisible.
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L’ambiance sonore : Des musiques entraînantes qui collent parfaitement au thème rétro.
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La mécanique de l’eau : L’idée de devoir recharger son arme ajoute une petite couche de stratégie intéressante.
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Les mini-jeux : Les phases de surf sont funs et cassent bien la monotonie.
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L’humour et les références : Un vrai respect pour la culture pop des années 80/90.
Ce qu’on n’aime pas (Les Moins)
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La rigidité du personnage : Les déplacements manquent de fluidité et de rapidité.
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Un rythme en dents de scie : On a parfois l’impression que le jeu est « mou » malgré l’action à l’écran.
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Le level design inégal : Certains niveaux sont inspirés, d’autres semblent être un assemblage un peu confus d’obstacles.
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Quelques soucis de collision : Se faire toucher alors qu’on pensait être à l’abri est toujours rageant.
Note Finale : 13/20

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