Les studios Inscape ainsi que GMedia (et édité par eux), nous plonge dans une aventure narrative où l’on suit une âme égarée cherchant à reconstituer ses souvenirs dans un monde en décomposition. L’histoire est volontairement floue au début, mais elle s’éclaircit au fur et à mesure que l’on explore ces environnements surréalistes.
Ce qui frappe immédiatement, c’est ce style graphique vraiment particulier, presque dérangeant par moments. On est sur un mélange de textures organiques et de filtres visuels qui donnent l’impression d’évoluer dans un tableau vivant un peu cauchemardesque. Ce n’est pas « beau » au sens classique du terme, mais c’est incroyablement cohérent avec le thème de la mémoire qui s’efface. Ça crée une identité visuelle super forte qu’on n’oublie pas de sitôt.
L’ambiance sonore vient renforcer ce sentiment de malaise et de fascination. Les bruits de fond sont étouffés, comme si on était sous l’eau ou dans un rêve cotonneux. Chaque interaction, chaque petit bruit de pas sur le sol instable, semble résonner avec une importance capitale. Le développeur a vraiment réussi à instaurer une atmosphère pesante mais étrangement apaisante, ce qui nous pousse à vouloir découvrir ce qui se cache au prochain tournant.
Côté gameplay, on reste sur quelque chose d’assez minimaliste, ce qui permet de se concentrer pleinement sur l’immersion. On déambule, on résout quelques énigmes environnementales basées sur la perspective, et on récolte des fragments d’histoire. C’est fluide, et même si le rythme est lent, il sert parfaitement le propos du jeu. On n’est pas là pour l’action pure, mais pour vivre une expérience sensorielle complète.
Le level design participe aussi énormément à cette sensation d’étrangeté. Les couloirs s’allongent, les pièces changent de configuration dès qu’on tourne le dos, et on perd parfois ses repères spatiaux. C’est brillant parce que ça nous met exactement dans l’état d’esprit du personnage : perdu, confus, mais déterminé à trouver une issue. On se sent vraiment vulnérable dans cet univers aux règles changeantes.
Malgré cette bizarrerie constante, le jeu arrive à nous toucher émotionnellement. Les thèmes abordés, comme le deuil ou l’oubli, sont traités avec beaucoup de pudeur à travers les visuels. Ce n’est pas juste un exercice de style pour faire « bizarre », il y a une vraie profondeur derrière chaque choix artistique. C’est le genre de titre qui reste en tête bien après avoir fermé l’application Steam et qui donne envie d’en discuter.
J’ai trouvé que c’était une expérience vraiment marquante. Si tu aimes les jeux qui sortent des sentiers battus et qui misent tout sur l’atmosphère, tu as clairement frappé à la bonne porte. C’est court, intense, et ça prouve que la scène indépendante a encore énormément de choses à proposer en termes de narration visuelle. Une belle découverte, même si elle peut bousculer un peu les habitudes de jeu classiques.
Ce que j’ai aimé :
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La direction artistique unique et audacieuse.
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L’ambiance sonore qui colle parfaitement au thème.
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La narration environnementale très travaillée.
Ce que j’ai moins aimé :
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Certains passages un peu trop cryptiques.
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Une durée de vie assez courte.

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