Sorti de nulle part et propulsé par une curiosité un peu malsaine sur le PlayStation Store, Ebola Village se présente comme un « Survival-Horror » pur jus, rendant un hommage — que certains qualifieraient de plagiat éhonté — à la célèbre franchise de Capcom. On y incarne Maria, une femme retournant dans son village natal en URSS suite à une alerte biologique. Sur le papier, la promesse d’un retour aux sources du genre avec une touche de « B-movie » russe avait de quoi intriguer. Pourtant, une fois la manette DualSense en main, l’expérience dévie rapidement de la trajectoire prévue pour s’enfoncer dans les méandres du « nanar » vidéoludique.

Techniquement, le titre souffle le chaud et le froid, mais surtout le froid. Si l’Unreal Engine permet quelques jolis effets de lumière et des intérieurs chargés de détails qui posent une ambiance pesante, l’optimisation sur PS5 laisse franchement à désirer. On peste contre des temps de chargement de textures inexplicables et des chutes de framerate dès que l’action s’emballe. Pire encore, le jeu semble souffrir d’un manque de finitions flagrant : des bugs de collision aux animations d’un autre âge, l’immersion est constamment brisée par une réalisation qui manque cruellement de polish.

Le gameplay est sans doute le point le plus clivant de cette aventure. On retrouve avec un certain plaisir nostalgique la gestion d’inventaire limitée, les coffres de stockage et les énigmes à base de clés à trouver aux quatre coins de la carte. Cependant, la rigidité des contrôles sur PS5 transforme chaque combat en calvaire. La sensibilité de la visée est soit trop molle, soit trop nerveuse, rendant les headshots plus chanceux qu’habiles. On ne compte plus les fois où l’on se retrouve bloqué contre un élément du décor alors qu’un zombie aux animations désarticulées nous fonce dessus.

Le scénario, s’il a le mérite d’exister, est plombé par une traduction française qui semble tout droit sortie d’un outil automatique bas de gamme. Les dialogues sont souvent lunaires et les documents que l’on ramasse perdent tout leur sens à cause de tournures de phrases approximatives. On sent que le développeur a voulu mettre du cœur à l’ouvrage, notamment via une mise en scène qui tente de copier les moments iconiques de Resident Evil, mais le résultat final manque de cohérence et de personnalité propre pour réellement marquer les esprits.

L’ambiance sonore sauve pourtant les meubles par moments. Les bruits de pas, les râles des ennemis et les craquements dans les maisons abandonnées parviennent à instaurer une tension réelle. Malheureusement, ce sound design honnête est régulièrement gâché par des musiques répétitives ou des effets sonores qui se déclenchent sans raison logique (comme le tonnerre alors que le ciel est dégagé). C’est dommage, car il y avait là un potentiel pour créer une véritable atmosphère d’oppression rurale.

La progression est entachée par des choix de design frustrants. Certaines énigmes demandent des allers-retours incessants (le fameux backtracking) dans des zones où les ennemis réapparaissent parfois de manière aléatoire. On a souvent l’impression que la difficulté ne vient pas du challenge proposé par le jeu, mais de sa propre maladresse ergonomique. Mourir parce qu’on ne peut pas interagir avec un objet à cause d’un angle de caméra capricieux n’est pas « Old School », c’est juste frustrant en 2026.

Finalement, Ebola Village se consomme comme un film de série B : c’est maladroit, souvent cassé, parfois involontairement drôle, mais il s’en dégage une certaine sincérité artisanale. On sent l’amour du genre derrière chaque asset copié-collé, mais l’exécution technique sur PS5 ne suit tout simplement pas. Pour une dizaine d’euros, les collectionneurs de bizarreries y trouveront peut-être leur compte le temps d’une soirée, mais le grand public passera son chemin devant tant d’approximations.

J’AIME

  • L’ambiance visuelle des intérieurs plutôt réussie.

  • Le système de démembrement des ennemis assez viscéral.

  • Le côté nostalgique « gestion d’inventaire et coffres ».

  • Le sound design qui arrive à créer quelques sursauts.

  • Le prix mini qui limite la casse.

J’AIME PAS

  • Les contrôles et la visée atroces sur PS5.

  • La traduction française catastrophique.

  • Les animations datées et les bugs de collision.

  • Le manque flagrant d’originalité (plagiat de Resident Evil).

  • L’optimisation technique aux fraises (textures, framerate).

NOTE FINALE : 08/20

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Jeux Vidéo|Test

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