Le studio Steelkrill, habitué des expériences horrifiques indés, revient nous hanter avec une proposition qui surfe sur la tendance très actuelle des « Anomaly Hunting Games ». Mais là où la concurrence nous enferme souvent dans des couloirs de métro ou des parkings aseptisés, The 18th Attic choisit le cadre intimiste et poussiéreux d’un grenier labyrinthique. On y incarne un homme piégé dans une boucle temporelle, dont la seule arme est un appareil photo instantané. Le concept est simple : observer, détecter et photographier les anomalies pour débloquer des souvenirs et comprendre comment on a atterri dans ce purgatoire de bois et de toiles d’araignées.
Manette en main (ou plutôt souris sur Steam), l’ambiance frappe immédiatement par sa justesse. Le sound design est minimaliste mais oppressant, chaque craquement du parquet nous faisant sursauter. L’utilisation de l’appareil photo n’est pas qu’un gadget de gameplay ; c’est un véritable outil de narration. Photographier une ombre mouvante ou un objet déplacé ne sert pas uniquement à « nettoyer » la zone, cela déclenche des bribes de souvenirs qui composent, petit à petit, un puzzle scénaristique plutôt bien ficelé. Le sentiment de vulnérabilité est constant, d’autant que le stock de cartouches photo est limité, forçant le joueur à ne pas déclencher l’obturateur à l’aveugle.
Toutefois, le titre n’échappe pas aux écueils du genre. Si la présence d’un chat compagnon apporte une touche de réconfort bienvenue dans cet enfer, certaines mécaniques de détection manquent parfois de précision, menant à des situations frustrantes où l’on se fait attaquer par une anomalie que l’on pensait avoir capturée. La répétitivité inhérente au système de boucle peut aussi lasser les moins patients, malgré une direction artistique qui parvient à se renouveler par petites touches.
The 18th Attic s’impose comme une expérience psychologique solide qui, à défaut de révolutionner l’horreur, propose une atmosphère singulière et une progression gratifiante pour les amateurs de mystères macabres.
J’aime :
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L’atmosphère oppressante et le cadre du grenier très réussi.
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L’utilisation de la photographie comme moteur de la narration.
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La présence du chat compagnon qui humanise l’expérience.
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Le scénario fragmenté qui donne envie de découvrir chaque souvenir.
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La gestion du stress liée aux munitions limitées de l’appareil photo.
J’aime pas :
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Certaines hitbox de détection des anomalies parfois capricieuses.
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Une certaine répétitivité sur les sessions de jeu prolongées.
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Quelques pics de difficulté un peu frustrants face à certaines entités agressives.
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Une optimisation technique qui pourrait être peaufinée.
Note finale : 15/20
Par ici, pour le jeu :
https://store.steampowered.com/app/3403660/The_18th_Attic__Paranormal_Anomaly_Hunting_Game/

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