Dans la marée incessante des productions indés qui tentent de s’approprier l’héritage du Beat’em Up 3D, peu parviennent à transformer l’essai. Après avoir poncé la démo de Lirai: Heir Of Darkness disponible sur Steam, le constat est pourtant clair : Cryorbis Studios a révisé ses classiques. Loin d’être un simple clone maladroit, ce titre propose une nervosité qui fait plaisir à voir et, surtout, à jouer.

Dès les premières minutes, la filiation avec Devil May Cry saute aux yeux, non pas comme un plagiat, mais comme une note d’intention. On incarne Brian dans un univers post-apocalyptique « Dark Fantasy » qui ne fait pas dans la dentelle, et c’est tant mieux. Ce qui frappe immédiatement, c’est la réponse du gameplay. Là où beaucoup d’Action-RPG se perdent dans des animations trop lourdes ou des inerties frustrantes, Lirai opte pour l’instantanéité. Les coups partent vite, les esquives (dash) tranchent l’air avec précision et le feedback des impacts offre cette sensation de puissance viscérale nécessaire au genre. Le jeu parvient à maintenir un rythme effréné, alternant entre le massacre de zombies de base et des duels plus techniques contre des démons, le tout saupoudré d’effets gores qui tachent l’écran juste ce qu’il faut pour gratifier le joueur après un combo réussi.

Cependant, la technique ne fait pas tout et le jeu doit encore prouver qu’il a du coffre sur la durée. Si le système de transformations et les combos aériens fonctionnent à merveille manette en main, offrant une palette de mouvements fluide et jouissive, on sent que la structure des niveaux reste pour l’instant assez couloir. C’est le propre d’une démo, certes, mais pour atteindre l’excellence d’un Bayonetta ou d’un DMC, il faudra que le level design s’ouvre davantage et que la caméra, parfois capricieuse dans les espaces clos, suive la cadence infernale imposée par les combats. L’ambiance visuelle, sombre et oppressante, sert parfaitement le propos, même si elle manque parfois un peu de lisibilité quand l’action s’emballe. Néanmoins, pour un projet de cette envergure, la propreté de l’exécution force le respect : pas de latence, une fluidité constante et une envie de « relancer une run » dès que l’écran de fin apparaît. C’est brut, c’est rapide, et c’est prometteur.

Lirai: Heir Of Darkness ne révolutionne pas la roue du Hack’n’slash, mais il la fait tourner à une vitesse folle. Si vous cherchez un défouloir technique qui répond au doigt et à l’œil sans vous noyer sous du blabla inutile, cette démo est une excellente mise en bouche. À surveiller de très près.
J’aime
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Le feeling des combats, ultra nerveux et réactif (zéro input lag ressenti).
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L’inspiration Devil May Cry totalement assumée et bien digérée.
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Les impacts viscéraux et le côté gore qui dynamisent l’action.
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Une fluidité technique impeccable pour une démo.
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Le système de transformations qui varie les plaisirs.
J’aime pas
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Une caméra qui a parfois du mal à suivre dans les coins.
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Des environnements un peu trop « couloirs » pour le moment.
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Une direction artistique sombre qui manque parfois de lisibilité.
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On attend de voir si le bestiaire se renouvellera sur la longueur.
Note provisoire : 15/20

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