Si vous avez déjà sué sang et eau pour faire passer un canapé d’angle dans une cage d’escalier parisienne, Moving Simulator va soit vous déclencher un stress post-traumatique, soit devenir votre nouvel exutoire préféré. Sorti tout droit des écuries PlayWay (les rois du « Simulator » à toutes les sauces), le titre débarque sur Steam avec une promesse simple : transformer la corvée ultime en bac à sable chaotique. J’ai enfilé mes gants, loué le camion et testé la bête sur PC. Spoiler : c’est cassé, c’est drôle, et on aime ça.
Dès les premières minutes, on comprend où on met les pieds. On n’est pas là pour la narration shakespearienne, mais pour le gameplay loop pur et dur. Le principe est limpide : on accepte des contrats, on débarque chez des particuliers, et on doit vider les lieux le plus efficacement possible. Là où le jeu brille (et trébuche en même temps), c’est dans sa gestion de la physique. Oubliez la rigidité d’un Sims, ici chaque carton, chaque chaise et chaque vase Ming a son propre poids et sa propre inertie. Le moteur Unity fait le job, offrant ce mélange signature de « réalisme » et de grand n’importe quoi. On se prend très vite au jeu du Tetris grandeur nature, à essayer d’optimiser l’espace dans le camion avec une précision maladive, avant de tout gâcher parce qu’on a jeté une télé un peu trop fort sur une pile de vaisselle.
Côté technique, sur notre config de test, le jeu tourne correctement mais n’échappe pas à la « Jank-Touch » typique du genre. C’est fluide, c’est dynamique, mais attendez-vous à voir des objets traverser les murs ou votre personnage se coincer le bras dans une porte de frigo. Étrangement, c’est ce qui donne tout son sel au titre. Le côté « foufou » que l’on recherche est bien là : il y a une satisfaction primitive à tout balancer par la fenêtre pour gagner du temps, ou à courir avec un piano sur le dos parce que la physique a décidé d’être clémente ce jour-là. La progression est classique mais efficace, avec l’argent gagné qui permet d’améliorer son équipement et d’acheter des véhicules plus gros, transformant petit à petit notre entreprise de bras cassés en empire logistique.
Visuellement, c’est propre sans être une claque. Les environnements sont variés, allant du petit studio étudiant au manoir bourgeois, ce qui évite la lassitude visuelle. On sent que les développeurs ont voulu mettre l’accent sur l’interaction plutôt que sur le photoréalisme, et c’est le bon choix. Le sound design est en retrait, avec une musique d’ascenseur qui finit par tourner en boucle dans le crâne, mais le bruitage des impacts (et de la casse) est suffisamment « juicy » pour gratifier nos pulsions destructrices. En somme, Moving Simulator ne révolutionne pas le genre, mais il s’installe confortablement comme un défouloir parfait pour des sessions courtes, oscillant entre la zenitude du rangement parfait et le chaos total d’un déménagement qui tourne mal.
Moving Simulator est le parfait « guilty pleasure ». Il n’est pas fini à la truelle mais garde ce côté artisanal et buggé qui fait le charme des simulateurs de PlayWay. C’est drôle, dynamique, parfois frustrant mais toujours divertissant. Si vous cherchez un jeu pour débrancher le cerveau après le boulot et rire devant un moteur physique en roue libre, foncez. C’est le déménagement idéal : pas de courbatures, juste du fun.
Ce qu’on aime :
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La physique ragdoll complètement permissive qui rend chaque objet imprévisible.
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Le sentiment de satisfaction intense quand le camion est chargé au millimètre près.
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La variété des missions et des environnements qui renouvelle bien le challenge.
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C’est un véritable défouloir : pouvoir tout casser sans payer la caution, c’est jouisif.
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La progression de l’entreprise qui donne un but au-delà du simple chaos.
Ce qu’on aime moins :
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Des bugs de collision fréquents (objets qui passent à travers le sol, camion qui glitch).
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La conduite des véhicules est assez flottante et manque de « poids ».
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La bande-son est très vite répétitive, préparez votre propre playlist.
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L’IA des PNJ ou la gestion des collisions avec l’environnement est parfois frustrante dans les espaces exigus.

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