Dans l’océan infini des « cozy games » de ferme qui inondent Steam depuis quelques années, il est difficile de se démarquer. On plante, on arrose, on dort, on recommence. Wild Roots: Chef Vs Critters arrive avec une promesse différente : et si vos navets pouvaient riposter ? Mélange hybride entre la simulation agricole traditionnelle, le Tower Defense et le jeu de cuisine, ce titre indépendant tente un cocktail risqué. Après avoir passé de nombreuses heures à défendre mes tomates contre des ratons laveurs affamés et à cuisiner dans l’urgence, voici mon verdict complet.

Une vie à la ferme… sous haute tension
Oubliez la routine paisible de Harvest Moon. Dans Wild Roots, la nature ne veut pas juste être cultivée, elle veut vous voler votre déjeuner. Le concept de base est accrocheur : vous incarnez un fermier-cuisinier qui doit gérer une exploitation tout en repoussant des vagues de bestioles (les fameux « critters ») bien décidées à grignoter vos profits.
Le cycle de jeu se divise en trois axes interconnectés : Cultiver, Défendre, Cuisiner. Là où le jeu brille, c’est dans l’intégration de la défense directement via vos cultures. Vos plantes ne sont pas passives. Le maïs devient un canon à grains, les piments explosent au visage des intrus, et les vignes ralentissent la progression ennemie. On retrouve une vibe très Plants vs Zombies, mais en temps réel et avec une liberté de mouvement totale. Vous ne placez pas juste des tourelles ; vous gérez un écosystème vivant.

Du champ à l’assiette : la boucle de gameplay
L’aspect gestion est étonnamment complet. Il ne suffit pas de survivre aux assauts des renards et autres nuisibles ; il faut récolter le fruit de ce chaos pour passer en cuisine. C’est là que la deuxième couche du jeu s’active.
La partie « Chef » vous demande de transformer vos récoltes en plats vendables. C’est un changement de rythme intéressant qui évite la lassitude du simple « Pan-Pan-Boum-Boum » dans le jardin. L’argent gagné permet d’acheter de meilleures graines (donc de meilleures défenses), d’améliorer la cuisine ou d’agrandir le terrain. Cette boucle est satisfaisante, bien que la transition entre le stress du combat et la précision requise en cuisine puisse parfois donner le vertige. On court partout, tout le temps. Si vous cherchiez un jeu pour vous détendre le cerveau éteint, passez votre chemin : Wild Roots demande des réflexes et de la stratégie.

Direction Artistique et Technique
Visuellement, le jeu adopte une esthétique « cartoon » colorée et vibrante qui contraste avec la violence (toute relative) des affrontements. Les animations des plantes qui s’activent pour attaquer sont charmantes et donnent une vraie personnalité à votre jardin. Les ennemis, bien que nuisibles, ont ce design « mignon mais coupable » qui fonctionne bien.
Côté technique, le jeu (testé sur une version Early Access/récente sur Steam) tient la route, même si l’interface utilisateur (UI) manque parfois de clarté, surtout lorsqu’il s’agit de gérer les améliorations ou de comprendre pourquoi une plante spécifique refuse de pousser. Quelques bugs de collision ont été notés, mais rien qui ne brise fondamentalement l’expérience.

Les épines de la rose
Tout n’est pas parfait au pays des légumes guerriers. Le principal défaut actuel réside dans l’équilibrage de la difficulté. Le début de partie peut être brutalement frustrant. Voir sa première récolte de tomates anéantie en trois secondes par un ver de terre avant même d’avoir pu débloquer une défense adéquate est une expérience punitive qui pourrait en décourager plus d’un. Le rythme de progression est parfois haché : on passe de moments où l’on se sent submergé à des périodes de « grind » un peu répétitives pour débloquer l’amélioration nécessaire à la survie.
De plus, l’aspect « cuisine », bien que sympathique, manque un peu de profondeur comparé à des jeux dédiés comme Cook, Serve, Delicious!. Il sert surtout de moyen de conversion des ressources plutôt que d’une fin en soi vraiment passionnante sur le long terme.
Wild Roots: Chef Vs Critters est une excellente surprise pour ceux qui trouvent les simulations de ferme classiques trop molles. Il injecte une dose d’adrénaline bienvenue dans le genre en vous forçant à être proactif. C’est un jeu de gestion pour les hyperactifs, un Tower Defense où l’on mange ses munitions. Malgré quelques soucis d’équilibrage et une interface à polir, le plaisir de voir un poulet de combat repousser une horde d’écureuils pendant que votre ragoût mijote est indéniable.
On aime
- Le concept hybride rafraîchissant : Mélanger Stardew Valley et Tower Defense fonctionne à merveille.
- Les plantes actives : Voir son maïs tirer sur les ennemis est toujours jouissif.
- La direction artistique : Colorée, lisible et pleine de charme.
- Le sentiment de progression : Débloquer de nouvelles plantes défensives change vraiment la stratégie.
- La double boucle de gameplay : L’alternance entre défense extérieure et cuisine intérieure brise la monotonie.
On n’aime pas
- Pics de difficulté frustrants : Le début de jeu est punitif et les bestioles détruisent les récoltes trop vite.
- Interface utilisateur (UI) : Parfois confuse, manque d’explications sur certaines mécaniques.
- Répétitivité : La cuisine manque un peu de profondeur sur le long terme.
- Quelques bugs de collision : Inhérents à l’accès anticipé/lancement, mais présents.

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