Sorti discrètement sur Steam en octobre 2024, Deepest Trench promettait une aventure coopérative intense dans les tréfonds de la fosse des Mariannes. Développé par Favor Games, ce titre indépendant vendait du rêve : des visuels à couper le souffle, une ambiance oppressive et une narration digne des grands films de sous-marins. Après avoir terminé l’aventure sur PC, le constat est malheureusement aussi sombre que les abysses que nous avons explorés. On enfile sa combinaison, on vérifie ses bouteilles d’oxygène, et on vous explique pourquoi cette plongée risque de vous donner le mal de mer.

20 000 Lieues sous les bugs

Le pitch de base est classique mais efficace. Vous incarnez un duo de spécialistes (souvent un couple séparé, cliché oblige) envoyé par l’armée pour enquêter sur une installation secrète au fond de l’océan. Sur le papier, Deepest Trench tente de surfer sur la vague des succès coopératifs récents comme It Takes Two ou A Way Out, mais avec une touche de survival-horror aquatique.

Dès les premières minutes, la direction artistique souffle le chaud et le froid. Certains panoramas sous-marins parviennent à capter la majesté angoissante des profondeurs, avec des jeux de lumière intéressants sur la faune abyssale. Mais dès qu’on s’approche des textures ou des modèles de personnages, l’illusion s’effondre. On se retrouve techniquement face à un titre qui semble dater de l’ère PS3/Xbox 360. Les animations sont rigides, les visages inexpressifs, et le clipping est omniprésent. Pour un jeu qui mise tout sur l’immersion (« Immersive Visuals » nous promettait la fiche Steam), le contrat n’est qu’à moitié rempli.

Un gameplay qui prend l’eau

C’est manette en main que Deepest Trench montre ses plus grandes limites. Le jeu a été pensé pour la coopération (locale ou via Remote Play), et si l’idée de séparer les tâches entre les deux joueurs est bonne (l’un pilote, l’autre répare/explore), l’exécution est laborieuse.

Les contrôles de nage sont d’une lourdeur exaspérante. Là où un Subnautica réussissait à rendre la nage fluide et organique, Deepest Trench nous donne l’impression de piloter un tank dans de la mélasse. La gestion de l’oxygène et des batteries, censée ajouter de la tension, devient vite une corvée répétitive qui casse le rythme de l’exploration plutôt que de la sublimer.

Les énigmes, cœur du gameplay coopératif, manquent cruellement d’inspiration. On passe le plus clair de son temps à chercher des objets génériques dans des couloirs qui se ressemblent tous, ou à attendre que son partenaire termine une action QTE sans intérêt. En solo, l’expérience vire au cauchemar ergonomique, l’IA ou la gestion des deux rôles étant mal calibrée.

Une ambiance sonore en apnée

Si le jeu évite la noyade totale, c’est grâce à son design sonore. L’ambiance audio, faite de craquements métalliques, de bruits de sonar et de grondements lointains, réussit parfois à instaurer ce sentiment d’oppression recherché. Quelques séquences avec des prédateurs marins parviennent à faire monter le rythme cardiaque.

Cependant, ce tableau est terni par un doublage (en anglais) qui oscille entre le médiocre et le nanar involontaire. Les dialogues, clichés au possible (« On est les seuls à pouvoir le faire ! »), tombent souvent à plat et brisent les rares moments de tension dramatique.

Ce qu’on aime

  • Le concept de base : L’idée d’un A Way Out sous-marin est excellente et le cadre de la fosse des Mariannes est toujours fascinant.
  • Quelques frissons : Certaines rencontres avec la faune abyssale et quelques séquences en sous-marin offrent de vrais moments de tension.
  • Le sound design : Les bruitages d’ambiance et la musique (par moments) sauvent l’immersion.
  • Le prix : Proposé à un tarif « budget », ce qui aide à faire passer la pilule si on le prend comme une petite soirée série B entre amis.
  • La coopération forcée : Malgré les défauts, le jeu oblige vraiment à communiquer. On ne peut pas avancer sans se parler.

Ce qu’on n’aime pas

  • La technique datée : Textures baveuses, animations robotiques et bugs de collision fréquents. On est loin des « visuels époustouflants » promis.
  • La maniabilité : Les contrôles sont rigides, imprécis et souvent frustrants, surtout lors des phases de nage.
  • La répétitivité : Les énigmes sont peu inspirées et on a l’impression de faire la même chose du début à la fin (chercher une clé, activer un levier).
  • L’écriture : Scénario prévisible, personnages stéréotypés et dialogues qui frôlent le ridicule.
  • La frustration en solo : Clairement un jeu à éviter si vous n’avez pas de partenaire sous la main.

NOTE FINALE : 09/20

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